Un gros orage a éclaté durant la nuit, vers 4h. Il est passé à quelques kilomètres du camping mais ça a tonné fort et la pluie a été intense.
Bastien a dû se lever pour fermer en catastrophe quelques sacoches laissées entrouvertes et bâcher les vélos.
Après un réveil à 8h grâce à une tente bien protégée du soleil, nous sommes prêts rapidement sans même trop nous presser pour le rangement. Nous partons à 9h35, malgré une improbable dispute de dernière minute entre Solène et Victor à propos de qui aura le privilège de remplir la grande gourde de Marion selon la méthode brevetée de la paille dans les petits lavabos.
Il fait bien plus frais que la veille (les enfants ont demandé leur pull pour le petit-déjeuner), donc nous pensons avancer plus rapidement. Mais c'était sans compter sur un vent fort contraire contre lequel il faut lutter.
La route est un enchaînement de bosses, le pédalage est donc bien studieux.
Nous passons rapidement dans le centre-ville très joli de Nagykanizsa, et nous arrêtons seulement pour retirer des florins à un distributeur bancaire. Grande différence avec la Slovénie et la Croatie : pour le plus grand bonheur des enfants, il y a de nombreuses et très attrayantes aires de jeux ! Et des fontaines avec de magnifiques chorégraphies de jets d'eau.
Les premiers kilomètres passent donc lentement, on enchaîne des passages au bord de grands champs de maïs, blé ou colza, passe quelques villages, et bénéficions de quelques segments de pistes cyclables qui sont parfois toutes neuves et d'autres datant de l'époque soviétique.
Nous arrivons vers midi à Zalakaros qui semblait sur la carte être une grande ville, mais qui est surtout une ville thermale, avec d'immenses hôtels et beaucoup de monde se rendant dans des spas ou centres aquatiques. Nous nous approchons d'un attroupement de cyclistes avec des stands, une scène et de la musique. Il y a vraisemblement une course qui se déroule ici, nous détonnons avec notre équipement et sommes pris en photo par une journaliste qui couvre l'événement. Nous traversons les stands pour nous rendre au grand parc de jeux juste derrière. Les enfants en profitent largement pendant que Marion part faire des courses et Bastien fait quelques réparations mécaniques sur les vélos.
Après le pique-nique nous repartons et traversons un quartier avec des maisons en très mauvais état et beaucoup d'enfants dans la rue. Bastien demande à Victor si cet endroit lui semble plus ou moins riche que les endroits traversés précédemment. "C'est riche car il y a des fleurs dans tous les jardins !".
À la sortie de la ville les rafales de vent soufflent toujours autant. Nous croisons sur plusieurs kilomètres des équipes de 4 cyclistes encadrées par un motard à l'avant et une voiture de leur équipe à l'arrière, engagées dans un contre-la-montre par équipe. Maxime prend plaisir à tous les saluer et il répondent largement malgré leur effort en cours (ils ont le vent dans le dos eux !).
Nous croisons 4 ou 5 nids de cigognes, la plupart avec un adulte et 2 ou 3 jeunes. Vers 15h, nous cherchons de l'eau et voudrions demander à un habitant de Zalakomar de remplir nos gourdes. C'est un village-rue, et nous regardons à droite et à gauche si l'on voit quelqu'un dans son jardin... mais personne, à part quelques chiens. Finalement on aperçoit un monsieur âgé fouiller dans le coffre de sa voiture, dans l'une des dernières maisons du village, ouf ! Nous lui tendons nos deux plus grandes gourdes à remplir.
Nous faisons un détour pour passer à travers Kis-Balaton, réserve naturelle au sud-ouest du lac Balaton. Nous faisons un court arrêt pendant une sieste de Maxime à un site d'observation de la faune d'un étang, accessible par un pont atypique. Il y a pas mal de monde en ce samedi. Nous rallongeons encore le parcours en prenant une piste cyclable qui longe cet étang, plus agréable que la grande route. Au milieu d'une grande ligne droite, Maxime se réveille juste au moment où nous arrivons au pied d'une tour d'observation. C'est assez décevant, il faut probablement venir à d'autres heures, et avec des jumelles pour voir les oiseaux. En repartant de cet arrêt impromptu, Marion monte pour la première fois aux commandes du pino. Ce changement de décor fait très bizarre aux enfants, après plus de 2000 km à voir Bastien dessus. L'expérience est concluante et sera renouvelée, mais elle s'arrête net à la première bosse de 1 m de haut, il aurait fallu passer les vitesses !
Nous tombons sur un deuxième site touristique, avec une magnifique aire de jeux, notamment des jeux d'eau avec moulin à aubes, vannes, aqueducs... Sauf que la pompe en amont ne fonctionne pas ! Les enfants profitent des jeux entre deux parts de brioche. Les parents partent à tour de rôle lire des panneaux qui présentent les merveilles à visiter dans la région, nommée Zala.
Il reste une vingtaine de kilomètres à parcourir avant le camping le plus proche, et il est déjà 17h15. Bastien avait repéré un camping un peu plus loin avec plage au bord du lac, mais nous revoyons à la baisse cet objectif. Il y a de toutes façons des dizaines de campings tout autour du lac.
Après avoir rejoint de belles pistes cyclables nous apercevons enfin le lac Balaton et longeons des premières plages. C'est le plus grand lac de Hongrie, il joue donc le rôle de mer intérieure pour ce pays privé de littoral maritime. Avec sa profondeur moyenne de 3 m les eaux se réchauffent vite, mais nous n'avons pas encore l'occasion de tester ; il faut pédaler. En arrivant dans la ville de
Keszthely, il y a beaucoup de monde et de musique. Pour la première fois un camping nous refuse car complet. C'était un tout petit camping, 12 places, il est presque 19h30, et la dame nous dirige vers un autre plus grand situé à 500 m. Celui-ci dispose de très nombreux emplacements libres. Au bar à l'accueil un monsieur indique quelque chose à Bastien (en allemand ?) qui ne comprend pas. Il s'énerve, il montrait en fait un petit monsieur qui marchait dans notre direction et qui regardait le sol, responsable de l'enregistrement. Heureusement celui-là est plus agréable, il prend un passeport et demande de repasser payer le lendemain à 9h, en nous laissant nous installer où nous souhaitons. Solène et Victor taillent la même grosse branche pendant que Maxime "tond la pelouse" avec une branche et les parents montent le campement. Victor s'entaille le doigt avec son couteau opinel, heureusement sans gravité. Il devra repasser par une formation sécurité avant de pouvoir à nouveau s'en servir.
Le repas est traditionnellement animé par les moustiques. Douche, cahiers du jour puis dodo à 22h.