Victor se réveille le premier avec la lumière du jour comme d'habitude et lit en attendant les autres, qui ne tardent pas car le soleil transforme vite la tente en serre tropicale. On range tous ensemble les affaires.
L'idée est de profiter ce matin de la piscine du camping en récompense des efforts de la veille. Il y a plusieurs bassins, rien n'est clairement expliqué, on a l'impression que ça n'ouvre qu'à 10h et non 8h comme on le pensait la veille au soir. Les enfants font donc un peu de devoirs pour patienter, à l'ombre des sanitaires car il fait déjà chaud.
À 10h tous en maillots, nous nous rendons au bassin olympique qui comporte également 3 tobbogans. Il semblerait finalement que c'était ouvert dès 9h... mais les tobbogans restent fermés. Il y a déjà une dizaine de personnes âgées qui se détendent dans l'eau fraîche, mais aucune famille. Pas grave, nous jouons ensemble à sauter, se passer entre les jambes, plonger. Maxime surmonte peu à peu son appréhension et finit même par lâcher ses parents et nager tout seul avec ses brassards, il est tout fier. La baignade est courte, car à 10h45 Bastien sort de l'eau et file à la réception rendre le badge qui ouvre le portail et l'écriteau à fixer sur notre tente sous peine de payer une journée supplémentaire à partir de 11h. Les autres sortent quelques minutes après et nous rangeons les quelques affaires qui restent en vrac pour quitter notre emplacement car plusieurs camping-cars tournent autour de nous pour s'installer.
Le temps de réinstaller toutes les affaires à faire sécher sur les sacoches, se tartiner de crème solaire et autres préparatifs de mise en route, il est 11h50 quand nous nous élançons. Après 10 km environ nous franchissons notre deuxième frontière en 2 jours (et Maxime dort encore une fois à ce moment-là, déjà fatigué de ses exploits à la piscine !). Nous voici arrivés en Hongrie, pays le plus éloigné de notre périple. C'est notre destination, celle qu'on indique à toutes les personnes qui nous demandent où nous allons, "Budapest", mais c'est loin d'être le terme de notre aventure !
Après les maisons et jardins tous soignés de Slovénie, le premier contact avec la Hongrie fait plus pauvre, avec de nombreuses maisons assez petites et en plutôt mauvais état. La route que nous suivons est large, les quelques voitures passent très vite mais les conducteurs font attention et nous dépassent de très loin. Globalement nous trouvons que c'est de loin en France (et dans quelques passages en Italie ainsi qu'aux alentours de Zagreb) que nous nous sommes le plus sentis mis en danger par les autres véhicules, avec des conducteurs pas patients qui forcent le dépassement en nous frôlant ou en ne nous laissant pas passer aux intersections. Nous avons certes progressé dans notre placement sur la route et notre réactivité de groupe, mais la différence est très flagrante.
Nous ne sommes pas partis au meilleur moment, il fait très chaud, nous roulons donc lentement, mais personne ne se plaint. Nous comptons le nombre de lettres des nombreux petits villages qui se succèdent : 17, 18, 19 lettres !
Nous visons de faire notre pause repas à la première ville que nous croisons, Letenye. Cependant vers 13h30, quelques kilomètres avant Letenye, une aire de jeux et un banc à l'ombre apparaissent. Il y a même une tyrolienne, l'arrêt n'est pas négociable avec les enfants !
Il manque juste un point d'eau, nous repartons donc avec les gourdes quasiment à sec. Heureusement quelques centaines de mètres plus loin, nous croisons deux dames sortant d'une maison. "Viz" demande Bastien en montrant deux gourdes. L'une des dames s'en saisit et part les remplir. Pendant ce temps, l'autre indique en hongrois à Bastien qu'il y a un endroit agréable pour se poser juste avant. Bastien essaie de lui expliquer en gesticulant que c'est justement là où nous avons mangé. Elle nous indique alors qu'on pourra trouver de la nourriture plus loin. La question est résolue finalement avec Google translate... L'autre dame revient avec les gourdes remplies d'eau et de glaçons !
Il fait vraiment très chaud, nous nous arrêtons régulièrement à l'ombre et un peu plus longuement devant une église. Un couple d'une soixantaine d'années sur des vélos chargés nous rejoignent avec une glace. Le monsieur nous explique en rigolant qu'ils sont Slovènes : "moi Tadej Pogacar, elle Primoz Roglic" du nom des deux champions cyclistes slovènes. Ils font un tour de 8 jours, une centaine de kilomètres par jour. Nous leur racontons d'où nous venons et notre voyage ; finalement ils nous décernent le titre de Tadej et Primoz !
Un peu plus loin vers 16h45, les enfants repèrent un panneau figurant un cornet et ses boules de glace. Nous nous arrêtons manger une glace dans ce bar-restaurant. L'intérieur est climatisé, cela nous fait une belle pause fraîcheur. A cette occasion les enfants (et Marion...) découvrent que les Hongrois n'utilisent pas l'euro. Une boule coûte donc extrêmement cher : 490 (florin), cela amuse bien Solène !
Nous n'avons pas encore retiré d'argent mais Bastien s'était assuré au préalable qu'ils prenaient bien la carte bancaire. Il reçoit instantanément un message de sa banque : nos 5 glaces nous ont coûté presque 10 euros. C'est pratique, nous connaissons désormais le taux de change !
Au bout de 46 km nous arrivons au camping à 18h20. C'est un petit camping simple. Les enfants filent aux jeux (trampoline et balançoires). Un petit garçon parle en slovaque aux enfants, la discussion est donc brève ! Les parents installent le campement et préparent le repas. Maxime est rouge de s'être dépensé dans le trampoline sous la chaleur. Après le repas près des moutons de l'autre côté du camping, puis la douche, les enfants négocient quelques minutes supplémentaires aux jeux, et finissent par sympathiser avec le jeune Slovaque.
Finalement on rentre tous sous la tente pour se protéger des moustiques qui se déchaînent (mais qui nous avaient laissé diner tranquillement). C'est l'étuve là-dedans, d'autant que les enfants sont bouillants de par leur activité sportive. Mais il n'y a pas le choix, c'est invivable dehors dès qu'on est immobile.
Cahier du jour et dodo des enfants à 22h sans demander leur reste !