Il est 19h, nous nous élançons pour l'étape du jour, en direction du camping prévu pour hier. Oui oui !
Mais rembobinons un peu le déroulé de cette journée qui nous a amené à un tel décalage sur notre programme ultra-millimétré (à peine exagéré)...
Réveil à 8h30 pour les derniers et rangement pourtant nominaux, pas de problème de remplissage de gourde. Le vent a soufflé fort dans la nuit, mais sans pluie et il fait beau sans faire trop chaud, svec une température agréable.
On hésite un peu sur le programme et décide de commencer par faire un petit tour au palais tout proche dans la ville, Keszthely.
A 10h40, nous posons notre tas de vélos et leurs sacoches sous un arbre à l'ombre, à moins de 5 m de l'entrée du château.
La billetterie propose soit la visite du palais seule, soit avec une exposition permanente en plus parmi les 5 proposées, soit la visite plus les 5 expositions permanentes. Aucune d'entre elles ne nous fait tellement rêver, mais on a le temps. Pendant que Bastien emmène Maxime aux toilettes en urgence (nous avons quitté le camping il y a à peine 2 km), Marion a une intuition : elle prend le billet intégral.
Nous voilà donc partis. Le palais est très beau et bien meublé, avec des panneaux traduits en anglais et allemand. Nous passons rapidement dans certaines salles et nous arrêtons dans d'autres marquantes, notamment une grande bibliothèque, une chambre d'enfants avec petit lit, jouets, chaise haute, et une salle à manger avec la table dressée pour un dîner d'apparat.
Le château a été habité jusqu'en 1944, date à laquelle le jeune comte de 4 ans à qui il appartenait à dû quitter la Hongrie. Il y a malheureusement très peu d'explications historiques. Nous visitons sa chambre avec tous ses jouets (beaucoup moins que nos enfants, malgré la richesse de l'habitation, cela fait réfléchir les enfants qui se rendent déjà compte qu'ils s'amusent quelle que soit la situation sans rien de plus qu'un bâton ou un caillou) et celles attenantes de sa maman veuve et de sa nounou. Nous montons enfin dans la tour centrale pour admirer la vue environnante. Étonnamment nous sommes seuls alors qu'il y avait du monde dans le château, heureusement car l'escalier en colimaçon est très étroit.
Nous partons ensuite dans le parc à la recherche des bâtiments pour les expositions permanentes annexes. La première est consacrée aux calèches. Il y en a beaucoup, toutes très bien conservées, de différents types (corbillard, sur luge, carosses, etc.) et époque (jusqu'à des voitures du début du vingtième siècle, dont on voit bien la filiation avec les moyens de transport qui précèdent, par exemple les roues et les amortisseurs). Tout cela passionne modérément les enfants ("pff c'est nul" dixit Solène), jusqu'au détour d'une télévision qui montre une compétition de courses de calèches qui a eu lieu en 2021. Nous restons scotchés devant l'adresse des équipages qui franchissent sans encombre les torrents de boues, bosses aussi boueuses, zig-zaguent entre des obstacles en tout genre. Il y a peut-être des chutes et des ratés mais ils ne sont pas montrés, c'est beaucoup plus rigolo que les courses sur l'hippodrome d''Aix-les-Bains.
Il faut lutter pour extraire les enfants de l'écran.
Nous nous rendons ensuite à l'exposition sur la chasse, là encore cela ne nous fait a priori pas rêver. Erreur ! C'est un véritable muséum d'histoire naturelle avec des centaines d'animaux empaillés ou transformés en tapis, tous en parfait état. Il y a de tout, avec bien sûr les plus prestigieux : tigre, lion, ours, hyène, autruche, vautour, marmottes, etc... (Oui c'est prestigieux les marmottes). La visite prend donc du temps. Les animaux sont replacés dans des scènes réalistes, il y en a vraiment de partout. Les décors sont reconstitués, y compris la montaghe, la végétation ou la neige. Certains animaux sont dans des postures impressionnantes, par exemple bondissant.
Dans le même bâtiment, nous montons ensuite à l'exposition maquette ferroviaire. Et là c'est l'extase pour tous, surtout Maxime qui court dans tous les sens ("Maman tu as vu le train bleu !"). Cette exposition se déroule en réalité dans une unique mais très grande salle sous la forme d'un gigantesque circuit de train. Rien à voir avec celui de Ljubljana qui avait déjà captivé les enfants. Ici 70 trains circulent sur un circuit qui reproduit minutieusement certains paysages et monuments de Hongrie et d'Allemagne. Ça se croise dans tous les sens, s'arrête dans les gares, repart, disparaît dans des tunnels. Les feux de circulation et aiguillages sont bien sûr tous synchronisés, il y a des milliers de petits détails à regarder (ici un accident de voiture, là une maison qui s'allume, des poules qui picorent, une grue qui tourne, etc...). Certains détails sont interactifs et s'allument lorsqu'on approche notre main. Au bout d'un moment la salle bascule dans le noir, les bâtiments s'éclairent et le spectacle continue dans un mode nuit. On ne sait pas combien de temps on y reste, peut-être 1h30 voire plus. Bastien qui a trop faim est obligé de sortir tout le monde de force (en promettant à Maxime, qui heureusement a très envie de faire pipi, qu'on reviendra).
Il est 14h15, Marion part faire quelques courses dans le supermarché voisin pour notre pique-nique sur la pelouse du château. Il est déjà 15h... Nous nous rendons ensuite au parc des oiseaux et à l'arboretum. Il y a toutes sortes de canards, oies, cygnes (dont des cygnes tout noirs d'Australie et des cygnes blancs à cou noir d'Amérique du Sud). Un paon nous fait l'honneur d'une très belle roue. A la suite d'un petit groupe de gens, nous rentrons dans un enclos au bord d'une mare directement avec les animaux. Les autres partent, nous restons longuement avant de nous faire chasser gentiment, ce n'était pas ouvert au public ! Nous traversons ensuite les quelques serres avec diverses plantes étonnantes.
Il est 16h45, nous esquivons la dernière exposition sur les moyens de transport de l'aristocratie, car l'ensemble du château et ses expositions ferme à 17h. Ce n'est pas la même exposition que les carrosses, on ne sait pas à quoi nous attendre, cela nous aurait peut-être aussi réservé de belles surprises.
Nous repartons au bord du lac. Les enfants et Bastien prennent une glace pendant que Marion retourne faire des grosses courses cette fois pour les prochains repas.
Elle tarde à revenir, Bastien autorise les enfants à jouer à leurs risques et périls dans une fontaine avec des jets d'eau qui sortent du sol par alternance. Maxime est très vite en culotte et intégralement trempé. Pour les 2 grands ça prend un peu plus de temps mais ils finissent aussi dans le même état. Ils remarquent qu'en bouchant un trou le jet d'à côté sort beaucoup plus haut. Des dizaines d'autres enfants passeront dans la fontaine durant l'heure où nous sommes restés, seuls nos 3 enfants auront osé/auront été autorisés à finir dans cet état ! Marion réapparaît peu avant 19h.
Le temps de ranger les courses, sécher et rhabiller les enfants, c'est donc notre record de départ tardif. Nous suivons la super piste cyclable qui fait le tour du lac, qui est aussi l'eurovélo 14 sur cette portion. Maxime s'endort à 19h30. Nous arrivons au camping une dizaine de kilomètres plus loin peu avant 20h, heureusement il y a de la place et la réception est ouverte. Nous nous installons, Maxime est réveillé une minute le temps de faire pipi, mettre une couche et son pyjama, il se rendort de suite. Il va peut-être rêver de trains miniatures circulant entre des jets d'eau variables.
Repas tranquille en short et t-shirt, on n'avait plus l'habitude, il y a beaucoup moins de moustiques ici, c'est agréable. Cahier du jour puis dodo à 23h pour les 2 grands, dispensés de douche puisqu'ils l'ont prise à la fontaine. Le vent se lève et souffle très fort, toutes les sacoches sont bien bouclées et les vélos bâchés.