Nous démarrons à 10h30 sous un temps couvert. Nous prévoyons de passer par Piacenza, faire un tour dans la ville, puis d'aller jusqu'au camping de Cremona.


La piste cyclable sur la digue est en cailloux avec de gros trous, si bien que nous progressons lentement. Solène glisse et son vélo tombe, mais pas elle. Certains terrains avec des arbres plantés du côté du Pô sont inondés.

Au bout d'un moment, nous revoyons le programme de la journée : tant pis pour Piacenza, nous allons couper au court pour aller directement jusqu'à Cremona.


Nous roulons alors sur de belles pistes cyclables, certaines portions étant la via Francigena. Nous dépassons un couple à pied avec des sacs de randonnée. Victor roule devant avec Marion, il est très bavard aujourd'hui.

A 12h30, de premières gouttes tombent des nuages noirs qui s'étaient amoncelés au-dessus de nos têtes. On s'arrête sous des arbres pour ranger le linge qui sèche (notamment le drap et le duvet de Maxime lavés ce matin suite à une fuite de couche) et enfiler nos tenues de pluie. L'averse reste légère et se termine quand nous nous arrêtons dans un parc à 13h30 à Codogno pour pique-niquer et jouer à la balançoire et aux cubes d'escalade.


On repart vers 15h. Bientôt nous longeons l'Adda, traversée au niveau d'un barrage. Puis nous suivons un canal, avec des lapins qui bondissent hors des grandes herbes devant nous.

Il ne reste plus que quelques kilomètres avant Cremona quand la pluie recommence. On s'équipe sauf les guêtres. Cette fois-ci il pleut fort, le ciel est noir, il y a quelques éclairs et coups de tonnerre. Victor dit : "J'espère qu'au camping il y aura un hangar pour mettre notre tente au sec comme la dernière fois. Ou alors on pourrait dormir dans un mobile home ?"

Les parents lui disent que c'est une bonne idée, reste à voir sur place si c'est possible.


On arrive au camping parco al Po à Cremona à 19h sous la pluie. Maxime s'est endormi sous son poncho. Un monsieur nous accueille et nous dirige vers une machine pour payer notre nuitée. Le logiciel ne propose pas "1 tente et 5 personnes" (encore moins mobile home, il n'y en a pas), il faut donc s'y reprendre à plusieurs fois. Enfin, le monsieur nous montre de loin le bloc sanitaire, et nous conseille de planter notre tente dans la partie gauche du camping, car à droite l'herbe est trempée.

Nous passons devant un grand groupe d'Allemands, des adultes et des jeunes, avec des tentes, des vélos de course, un camion et des barnums où ils sont en train de dîner.


Bastien plante la tente (il pleut à peine) et y met les sacoches, Solène et Victor s'y engouffrent pour gonfler les matelas, Marion sort le réchaud pour préparer le repas, et Maxime dort toujours. Un Allemand s'approche de Marion pour lui propose de manger avec eux. Après hésitation, nous acceptons.

On nous sert des spaghetti, poulet et courgette grillée puis nous rejoignons le groupe sur une des tables dans le barnum. Tout le monde se tait et nous observe quand nous entrons. Maxime qu'on vient de réveiller est un peu perdu.

Une dame debout au fond de la "salle" se met à parler. Les autres sont très attentifs et continuent à nous jeter des coups d'œil curieux mais bienveillants. Parfois certains lèvent la main puis se lèvent pour prendre la parole. Ils parlent de leur journée à vélo, puis écoutent les consignes pour laver leur assiette et pour le programme du lendemain.

Marion aide Maxime à manger puis il pose sa tête sur ses bras sur la table. Un monsieur finit par nous chuchoter : "vous pouvez partir." On remercie et sort du barnum.


On va dans les sanitaires prendre une douche. Il faut payer dans un boîtier à pièces pour que l'eau coule, sinon pas même une goutte d'eau froide ne sort du pommeau de douche. Maxime a peur et Bastien doit le prendre dans ses bras pour aller dans la cabine de douche.


De retour à la tente, sous la pluie, les enfants finissent d'installer les couchages et écrivent leur carnet de voyage. Marion se réfugie dans les toilettes avec son téléphone et son chargeur.