Dans la nuit, les fortes averses annoncées n'ont finalement pas eu lieu, mais seulement de la pluie fine. Le ciel est tout gris au lever, et on ressort les manteaux pour ne pas avoir froid. On démarre à 10h15 pour une étape sur bord de route, au profil altimètrique en chapeau pointu : plat - montée - descente - plat.
La grande route rectiligne est bordée de champs de noisetiers, connus sous le nom de noisettes du Piémont. Nous sommes dans la vallée du Tanaro, affluent du Po, avec de part et d'autre des collines. On franchit plusieurs ponts sur le Tanaro, correspondant à autant de ses larges méandres. Des falaises grises (calcaires ?) sont visibles dans l'extrados des méandres.
Puis les noisetiers laissent place aux vignes. Bientôt il n'y a plus que ça. C'est le moment de la montée sur 2 à 3 kilomètres, avec une pente maximale de 10 %. Les enfants sont rodés désormais. Ils savent qu'il faut s'accrocher pendant l'effort, qu'ils peuvent faire autant de pauses que nécessaire, qu'ils ne doivent pas questionner Bastien pendant qu'il grimpe, et que tout compte fait, ça ne dure jamais bien longtemps et que ce n'est pas insurmontable.
Le décor se révèle à mesure que l'on s'élève : des collines couvertes de vignes, de jolis villages perchés, au loin les Alpes.
Le village au col s'appelle Novello, dont on admire de loin le château transformé en hôtel. On s'arrête au cimetière pour vider nos gourdes de l'eau du camping de Bastia, au goût trop calcaire. Les cercueils ne sont pas sous terre sous une dalle, mais empilés à partir du sol et surmontés d'un toit comme dans un immeuble. Solène et Victor observent les dates et les noms, mais Bastien les presse de repartir.
Sur la crête, on aperçoit ensuite le village de Barolo, réputé pour ses vins. Les paysages viticoles des Langhe sont des classés au patrimoine mondial de l'unesco.
La descente du chapeau pointu s'amorce et nous traversons Barolo. Nous commençons à avoir faim, mais il n'y a pas d'aire de jeux dans le village pour s'arrêter.
Quelques kilomètres plus loin dans un village, une aire de jeux apparaît. On pique-nique et les enfants jouent sur le tourniquet.
Il reste 6 kilomètres jusqu'au camping Agrivillage au sud d'Alba. Nous y arrivons à 15h15, avec 37 km.
Bastien monte la tente encore mouillée de la nuit dernière. Les enfants gonflent les tapis de sol, Marion se douche. Notre intention est d'aller ensuite découvrir la ville d'Alba à 2 km du camping. En attendant, les enfants vont voir s'il y a des jeux dans le camping. Ils reviennent tout excités : point de jeux, mais une piscine extérieure ! On leur accorde une baignade sous la surveillance de Bastien pendant que Marion termine de préparer les couchages et de ranger les sacoches dans les auvents. L'eau est évidemment fraîche, mais les enfants s'y plaisent. Marion part donc faire des courses à 17h15.
En pleine baignade retentit le tonnerre. Bastien fait sortir les enfants, met la bâche sur les vélos et ramène les cahiers de voyage et l'ardoise dans l'espace détente couvert à l'entrée des sanitaires. Juste à temps avant l'arrivée de la pluie.
Le baignade fraîche a revigoré les enfants qui se lancent dans un "pistako" improvisé, Maxime entraînant le trio dans des pitreries dansées. Entre deux numéros, quelques lignes viennent remplir les cahiers de voyage.
Marion rentre entre deux averses, juste à temps pour voir le final du pistako.
Puis douche des enfants, cahier d'école et repas sur une table de l'espace détente. Solène fait la vaisselle en écoutant des morceaux de hautbois pendant que Victor et Maxime font le cirque dans les sanitaires.