Ce matin on prend notre temps pour se préparer. Nous allons longer la côte en France puis en Italie, et Bastien a vu plusieurs campings. "Donc on avance et on verra bien, on s'arrête quand on veut."


Pendant que les parents finissent d'emballer les affaires, Solène et Victor écrivent les cartes postales achetées à Monaco, et Maxime complète son coloriage reçu au palais princier. A l'aide du petit guide de vocabulaire italien qu'il transporte dans ses sacoches, Victor s'entraîne à se présenter (mi chiamo Victor, ho sete anni) et à demander une glace (un gelato due gusti : fragola e vaniglia).

Le temps de passer à la poste acheter des timbres, à la boulangerie, à un supermarché pour des courses (mais il n'y avait pas de bouteille de gaz pour le réchaud), à un deuxième supermarché (mais toujours pas de bouteille de gaz), nous quittons Menton à midi passé.


La piste cyclable longe les ports de plaisance et les plages. Sur notre gauche, les maisons colorées dans les tons jaunes et orangés habillent la colline d'où se détache le clocher de la basilique sur fond de ciel bleu.


A la sortie de Menton, nous passons la frontière. Nous voici dans la province italienne d'Imperia. La piste cyclable s'arrête et nous devons circuler sur le bord de la route. Nous pénétrons dans un tunnel assez long. La route s'élève et s'écarte du littoral. Puis le GPS nous fait descendre dans une petite rue bordée des deux côtés par un mur de pierre, parallèle aux rails. C'est mignon et tranquille... jusqu'à ce qu'on débouche sur des marches montant (puis redescendant) vers une passerelle enjambant la voie ferrée ! On décroche les sacoches, hisse les vélos dans les escaliers. Heureusement les enfants aident (Solène et Victor gèrent le vélo de Victor, et Maxime guette le passage des trains) et en 20 minutes l'obstacle est franchi.


Il y a encore une montée puis une descente pour atteindre Ventimiglia. Nous rejoignons le littoral. Nous nous arrêtons pour pique-niquer dans le parc près de l'embouchure de la Roya, avec aire de jeux. La plage est en cailloux gris et jonchée de déchets. Quel contraste avec les plages précédentes ! En revanche, nous aurons croisé une quinzaine d'aires de jeux sur cette première étape italienne. Des cultures en terrasse sont visibles sur les collines près de la côte, alors qu'en France il n'y avait que des villas ou des forêts.


Nous repartons vers 15h15, avec trois gouttes de pluie qui nous font ranger le linge qui finissait de sécher sur les sacoches. Une piste cyclable peinte en rouge recommence. Puis nous entrons sur une magnifique "pista ciclo-pedonale" : 2 voies cyclables et 1 voie piétonne ont été déployées à la place d'une ancienne voie ferrée. C'est large, quasiment plat, avec des tunnels. Il y a un peu de monde et il faut donc bien rouler à droite.


A San Remo, nous allons dans le centre-ville manger une glace pour le goûter. Merci Egle de nous avoir conseillé cet endroit ! La ville est animée.


Nous repartons à 17h30 pour une quinzaine de kilomètres jusqu'à un camping à San Lorenzo. Les enfants commencent à fatiguer, Maxime s'endort. Nous arrivons à 19h et 50 km au camping repéré. Un grand portail est fermé, et personne ne répond à l'interphone. En fait ce lieu n'accueille que les camping-cars. Solène verse quelques larmes de dépit. Bastien repère un prochain camping à Imperia, à 5 km. Heureusement nous roulons vite sur l'ancienne voie ferrée et il n'y a plus de monde à cette heure. Nous arrivons à 20h et 55 km au camping de Wijnstock à Imperia. L'emplacement est juste assez grand pour notre tente et les vélos, mais peu importe.


Pendant que Solène, Maxime et Marion préparent la tente, le repas et les affaires pour la nuit, Bastien sous la houlette de Victor repère des campings et restaurants pas trop loin pour ne pas revivre la même galère demain. On chuchote en prenant le repas pour ne pas déranger les proches voisins manifestement déjà couchés. Puis au moment de la douche, on découvre dans les sanitaires qu'il faut acheter des jetons à la réception pour avoir de l'eau chaude. Nous nous lavons donc au gant, c'est plus facile avec l'eau froide.

La pluie se met à tomber en début de nuit, alors que nous avions ré-étendu le linge hâtivement rangé à Ventimiglia (ainsi que d'autres habits lavés ce soir).