Ce matin on ne traîne pas, car on a dit qu'on roulait modérément pour arriver tôt à un camping et profiter de la mer. Les premiers tours de roues sont donnés à 10h10, la journée s'annonce ensoleillée avec quelques nuages.


La piste cyclable sur l'ancienne voie ferrée s'arrête à la sortie d'Imperia. Après une petite montée puis descente d'une butte, nous rejoignons le bord de mer et un joli village coloré. Finalement longer la côte, c'est aller de village en village établi au bord de l'eau, avec généralement entre les deux un petit col à franchir. La vue en haut de ce col nous permet d'englober le village suivant, avant d'y pénétrer pour découvrir de près ses façades et son ambiance. On aimerait s'arrêter explorer chacun d'eux, notamment gravir ses ruelles jusqu'au clocher de l'église surplombant la mer. Mais il y a tellement de beaux villages qu'on ne visitera que celui où l'on dormira.


A l'approche d'Andora vers midi, la route du littoral que nous devons suivre est barrée : le tour d'Italie (Giro d'Italia) s'arrête dans cette ville cet après-midi. Nous parvenons à prendre d'autres routes nous conduisant au centre-ville d'Andora. Les rues du bord de mer sont barrées, des ballons et banderoles roses décorent les restaurants et boutiques, des gens flânent dans les rues. On continue à pied en poussant nos vélos en direction de l'autre bout du centre-ville. Mais en fait la route après Andora que nous souhaitons prendre est justement celle réservée aujourd'hui pour les cyclistes du tour d'Italie ! Une alternative serait de continuer par les routes dans l'arrière pays, mais pas sûr qu'elles soient prévues assez larges pour les vélos, et ça risque de grimper fort...


Nous optons pour un retour en arrière jusqu'au village précédent où 4 ou 5 campings sont recensés près des plages. Victor n'est pas content, car il voulait manger au restaurant ce midi. Il a du mal à saisir le concept d'aléa, chamboulement d'un programme prévisionnel indépendamment de notre volonté, qui nécessite de savoir s'adapter.

Nous repartons donc 6 km en arrière, avec une "butte" à monter puis descendre. Les enfants ne bronchent pas un instant dans la côte, maintenant qu'ils ont compris la situation. A Cervo, nous nous présentons au camping del Mare à 13h30, avec 27 km au compteur de la journée. Les emplacements sont spacieux, séparés par des haies, les sanitaires impeccables. Les autres visiteurs croisés sont des retraités allemands ou suisses en camping-cars ou caravanes. Et la mer est au bout du camping !


Bastien, Solène et Maxime installent le campement. Victor et Marion vont dans une panetteria acheter différentes parts de pizzas et foccacia. Ça c'est l'Italie !


Après le repas, on part à la plage vers 15h. L'endroit est magnifique : Marion émerveillée le répète une dizaine de fois. Les digues en enrochements créent un plan d'eau lisse sans vague, l'eau est transparente, le sable invite à se déchausser pour sentir la finesse de son grain, la vue sur le village médiéval de Cervo est pittoresque.

Un ruisseau se jette dans la mer entre deux lignes de rochers. Les enfants se lancent donc aussitôt dans la construction d'un barrage en pierres colmatées par du sable mouillé. Puis on part à la pêche aux Bernard-l'hermite, chapeaux chinois et escargots de mer. Enfin on se baigne, sauf Bastien qui lit couché dans le sable puis part faire des courses.


A 18h20, on signale aux enfants qu'il est temps de partir. "Attends dit Maxime, je fais un château de sable !" (dans la boîte de glace reconvertie en seau)

"Attends dit Solène, je fais une dernière boule de sable mouillé !"

"Déjà dit Victor, mais ça ne fait qu'une demi-heure, on n'a pas encore eu le temps de jouer !"


La raison et la perspective du restaurant l'emportent. Après la douche, on part au restaurant voisin du camping, pizza pazza, vers 19h30. Maxime préfère des spaghetti et se repeint le visage en rouge, Victor et Solène ne viennent pas à bout de leur pizza mais Bastien s'en charge. En sortant du restaurant sur la plage, on marche sur les rochers de la digue jusqu'à son extrémité pour admirer les couleurs du soir tombant. Après avoir complété leur carnet de voyage, les enfants s'endorment vers 21h30.