Jour de départ définitif de Nice oblige, il nous faut tout ré-emballer dans les sacoches, nettoyer l'appartement de Margot, redescendre les vélos à travers les escaliers étroits et réinstaller le paquetage sur les vélos. Les enfants patientent avec leurs cahiers d'exercice et coloriage pour Maxime pendant que les parents s'affairent.
Le temps était annoncé très nuageux mais un grand soleil nous accueille et les enfants participent avec entrain à la séance de tartinage de crème solaire. Ce qui était vécu comme une corvée au début de la randonnée est désormais un jeu pour eux, même Maxime se débrouille tout seul.
À 11h30, après quelques petites courses (jugées superflues selon Bastien qui récupère les kilos supplémentaires pour ce qui s'annonce une des plus grosses journées de toute l'aventure), le convoi s'élance et gagne rapidement la promenade des Anglais. Celle-ci est noire de monde (nous sommes dimanche), contrairement au jour de notre arrivée tardive sous la pluie.
Heureusement une super piste cyclable (elle aussi très empruntée) longe le cheminement piéton. Notre troupe détonne et attire l'oeil mais nous filons sans nous arrêter.
Le chemin très agréable se poursuit en longeant la mer pendant quelques kilomètres pour arriver ensuite à Villefranche-sur-mer où une aire de jeu est aussitôt repérée par l'oeil aguerri des enfants. Malgré le faible kilomètrage parcouru jusque là, une pause est accordée afin de prendre des forces pour la suite. L'occasion aussi, comme c'est le cas plusieurs fois par jour, d'expliquer aux personnes rencontrées notre périple, ce qui se traduit toujours par de chaleureuses félicitations, notamment aux enfants.
Nous reprenons la route et attaquons la grosse difficulté du jour : 680 m de montée (ça s'est le dénivelé) sur 8 km avec 5 passages en pente à 12% à franchir, et pique-nique prévu au sommet.
Les premiers kilomètres sont franchis facilement, Maxime et Bastien en tête avec Victor dans la roue en danseuse comme à son habitude, Solène et Marion suivant d'un peu plus loin. La route est belle et large, les voitures, motos et cyclistes doublent sans difficulté, ponctuées par des "moto bibile (débile)" ou "voiture la cave" lorsque Maxime juge qu'ils font trop de bruit (très souvent...). Chaque virage laisse découvrir de somptueuses villas entourées de jardins arborés en fleurs, offrant ainsi un spectacle qui nous fait oublier l'effort physique.
Soudain, à 3 km de l'arrivée, Victor flanche et peine à avancer. Il pleure et réclame des pauses tous les 300 m, mais refuse obstinément que Marion le tire avec son vélo électrique. Des ravitaillements en eau et bananes séchées n'y font rien, il a mal aux jambes après quelques dizaines de mètres de pédalage. La fin de la montée est terrible, il lutte vaillamment, encouragé patiemment par toute la famille. Lorsque le dernier raidillon est franchi nous nous arrêtons net sur le muret au bord de la route pour le pique-nique tant attendu, il est presque 15h, soit 2h30 de montée. De nombreux cyclistes et automobilistes auront tout du long félicité et encouragé la famille.
Nous reprenons la montée ragaillardis, et les derniers hectomètres en léger faux plat montant semblent faciles.
Finalement un panneau annonce "col d'Eze", victoire ! Col du tour de France, grande route des Alpes, c'est une grande fierté d'avoir réussi cette ascension. Grâce à l'entraînement des trois premières semaines, Marion n'a même pas eu besoin d'utiliser le moteur de son vélo.
Il est 16h, nous n'avons pas fait la moitié du kilomètrage prévu pour la journée mais sentons que le travail est fait.
La longue descente de plus de 10 km est magnifique, et récompense les efforts fournis pour la montée. La vue permet notamment d'englober Monaco que nous avions visitée deux jours plus tôt. Nous roulons prudemment pour en profiter. Les enfants comptent les voitures étrangères, un peu plus de 250 sur la journée, dont de nombreuses Porsche, Ferrari et autres voitures de luxe. Maxime fait la sieste et ne peut donc plus les envoyer à la cave.
Nous arrivons enfin au terme de la descente à Roquebrune-Cap-Martin au bord d'une plage de galets sur une mer d'huile. Les enfants partent jouer dans les rochers au bord de l'eau et reviennent pour le goûter de 18h.
Nous sommes rejoints par Jean-Baptiste, le cousin de Marion qui habite à quelques centaines de mètres de là. Nous discutons une demi-heure avec lui, l'occasion d'échanger des nouvelles. C'est très rapide mais ça fait grand plaisir !
Puis à 19h nous repartons en direction du camping de Menton. Un groupe que nous laissons traverser à un passage piéton nous interpelle et nous questionne sur notre voyage. "Oulala vous allez au camping de Menton, bon courage ça grimpe".
Effectivement les 2 derniers kilomètres du jour font mal aux jambes, il faut s'arracher sur les pédales. Bastien arrive le premier au camping du parc Saint Michel, intégralement trempé de sueur, et voit Solène et Victor arriver juste derrière en discutant comme si de rien n'était. Nous avons roulé 41 km aujourd'hui.
Après le passage à l'accueil, ils filent aux jeux pendant que Marion prépare le repas et Maxime aide (efficacement désormais) Bastien à monter la tente. Les deux grands reviennent bien vite faute d'avoir trouvé des jeux. Ils préfèrent donc préparer les couchages et notamment gonfler les matelas.
Le repas est bien apprécié, la nuit est tombée. La douche se fait aussi rapidement (il faut quand même expulser Solène du stand vaisselle, maintenant qu'elle a pris goût à la faire), puis les cahiers du jour. Victor se tourne pour ne pas voir la lumière une fois qu'il a fini. Il s'endort dans la minute. Solène finit son cahier mais ne réclame même pas de lire et s'endort aussi vite ensuite. Maxime est le dernier à bailler, il est 22h30...