Au programme aujourd'hui : visite de la ville de Bern. L'orage a été fort hier soir et il a plu une bonne partie de la nuit. Il tombe quelques gouttes au lever, les prévisions du jour sont mauvaises, on ajuste donc notre programme : tout d'abord moyenne lessive à la main et non grosse lessive au lave-linge comme prévu si ça ne doit pas sécher. Et pas de baignade, on va se rabattre sur les musées.
Coup de chance : plusieurs musées de Bern sont gratuits les samedis du mois d'août et on est .... samedi. Nous avons repéré le musée de la communication, il fait partie de la liste.
Bastien commence par récupérer auprès de l'accueil du camping des tickets pour les transports en commun (gratuits eux aussi si on passe au moins 2 nuits au camping), et nous partons vers 10h. Nous décidons de nous rendre au musée à pied. Nous longeons la rivière Aar, la couleur bleu a laissé place à du marron dû aux précipitations de la nuit. Le courant est très fort, bien plus que celui des rivières dans lesquelles nous nous sommes baigné (Danube ou Limmat à Zurich), et il n'y a personne dans l'eau ce matin. Sur la rive d'en face nous voyons l'enclos des chamois et bouquetins du zoo de Bern, plusieurs d'entre eux sont très actifs (sauts, combats). L'endroit est calme, accessible aux vélos et piétons uniquement.
Nous traversons ensuite la rivière par un pont piétonnier et remontons un quartier avec de belles maisons. Nous rentrons directement dans le musée de la communication à 10h45 et récupérons un jeton chacun, dont nous ne comprenons pas encore l'intérêt. L'entrée est un peu déroutante au départ, il y a plusieurs stands qui forment un ensemble semblant un peu décousu. Les enfants sont tout d'abord attirés par un système de communication par tube pneumatique. Ils envoient quelques mots et dessins et reçoivent en retour des messages similaires, mais on ne sait d'où dans le musée.
Il y a ensuite plusieurs activités sur la communication entre les personnes. Par exemple des extraits de films sont proposés pour illustrer des problèmes d'incompréhension. Des interviews d'experts expliquent le développement du langage durant la petite enfance. Dans un autre stand, un même message est présenté deux fois par la même personne mais avec un ton différent ou des habits ou une posture différents, il faut voter pour celle qui nous paraît la plus convaincante. Il y a aussi un jeu de cartes à aparier entre des termes bruts et leur euphémisme qu'on peut rencontrer dans la presse (par exemple, pertes et civils vs dégâts collatéraux). Il y a aussi des extraits de discours historiques (Obama, Trump, Merkel, Thunberg, Hitler, Mandela...) C'est une bonne introduction avec une dimension sociologique et culturelle à la prise de parole, qui rappelle nos cours en école d'ingénieur.
C'est aussi agréable de se retrouver dans un musée où tout est également traduit en français (en plus de l'anglais), dans lequel les enfants peuvent évoluer partiellement en autonomie.
Nous passons rapidement sur une deuxième partie de cette grande salle qui comporte des objets historiques de la poste (par exemple la voiture qui a réussi à cambrioler la poste de Zurich, 53 millions de francs, avant d'être incendiée).
Nous découvrons en fait qu'il y a plusieurs autres étages ! Nous enchainons alors les stands permettant d'imprimer des timbres customisés avec nos propres photos, des jeux (vidéos ou non) nécessitant de la coopération/communication ou non, ou encore une salle avec une très grande collection de timbres "la plus grande librement accessible au public au monde".
Les enfants s'essaient à l'écriture avec une plume, à la programmation sur ordinateur. Il y a des stands proches du sol pour les enfants de l'âge de Maxime avec jeux, puzzles, films. Le musée traite les questions de la sécurité et des libertés liées à internet, et montre l'impact environnemental et sociétal de la fabrication des téléphones et autres objets similaires.
Au final nous passons encore une fois de nombreuses heures dans un musée qui aura plu à tous et dont on a l'impression de ne pas avoir complètement tout vu. Nous en ressortons vers 14h45, surtout parce qu'on a faim, après plusieurs tentatives de sortie avortées car chacun voulait retourner voir un stand qu'il avait manqué. Il y avait du monde dans le musée, normal en cette journée pluvieuse et gratuite, mais l'attente devant les stands a été raisonnable, et pour cause : il y avait une jauge et ... une très longue file d'attente devant l'entrée avec des personnes qui attendaient qu'on sorte!
Au grand plaisir de Maxime nous prenons le tram pour nous rendre au centre ville (2 arrêts) acheter le pique-nique. Nous mangeons sur un banc sous quelques gouttes. Des personnes rentrent dans l'église (l'église française) devant laquelle nous nous trouvons : il y a un concert d'orgue gratuit. Nous préférons viser un autre concert, de hautbois cette fois-ci, dont une affiche se trouve à notre gauche, prévu proche du camping à 17h. Ce concert est payant demain dimanche, mais on ne sait pas pourquoi, il est gratuit ce samedi également, il y a un truc ?
On retourne tout d'abord dans le quartier des musées, on hésite entre les musées d'histoire naturelle ou d'histoire de la ville de Bern. On tombe par hasard en premier sur ce dernier, donc on y rentre. Il est 16h. Il semble très grand et couvrir toutes les époques.
Un peu par hasard nous rentrons dans des salles orientales, avec des sarcophages pour commencer. Cela permet d'illustrer les hiéroglyphes avec un contenu autrement plus réaliste que les dessins présentés dans les attractions sur les pharaons à legoland ! Nous rentrons dans une deuxième salle avec d'autres objets orientaux (poignards, etc) mais nous sentons que cela ne passionne guère les enfants.
Nous montons alors un étage et arrivons au musée Einstein. En effet celui-ci a révolutionné la physique par 4 articles majeurs (relativité restreinte, mouvement brownien, effet photoélectrique et E=mc2) écrits en quelques mois en 1905 alors qu'il était employé de l'office des brevets à Bern. Le musée est extrêmement complet et intéressant. Il traite non seulement du volet scientifique de la vie d'Einstein mais aussi de sa relation au sionisme (on lui a proposé d'être président d'Israël), de son exil aux États-Unis à l'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne (avec un chef pas sympa à Princeton, tout prix Nobel qu'il était!), de sa contribution au lancement du projet Manhattan au États-Unis (pour lequel il n'a pas été sollicité car jugé peu fiable politiquement), de son horreur face aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki et de son implication pour la paix et l'utilisation uniquement civile de l'énergie nucléaire. Bref, un musée passionnant dont on se fait sortir à regrets parce qu'il ferme à 17h...
Il est trop tard pour se rendre au concert de hautbois. Tant pis, il y a décidément trop à voir dans cette ville. Après avoir dégusté une glace, nous allons voir les trois ours, Finn, Björk et Ursina, emblèmes de la ville, dans leur fosse près de l'Aare. Ils sont bien actifs et nous les voyons marcher en long et en large, dont un qui s'approche vraiment près de nous.
Un bus nous ramène alors plus près du camping. Il pleut encore légèrement. En retraversant la rivière, nous regardons quelques personnes nager dans la rivière ou sauter du pont où nous nous trouvons. Au camping les enfants jouent à dévaler une pente avec des tracteurs à pédales pendant que Marion prépare le repas et Bastien s'occupe de charger tous les appareils électroniques.
Douche, cahier du jour et dodo vers 22h30. Lorsque quelques gouttes commencent à tomber les parents sécurisent toutes les affaires et rentrent à leur tour dans la tente, juste avant que la pluie se fasse plus dense. Le linge lavé ce matin n'est pas sec.