Notre deuxième nuit consécutive en forêt a également été très agréable. Bastien se lève à 7h et commence à ranger, les autres vers 8h-8h30. Tout est plié tandis que Victor taille quelques flèches supplémentaires et départ à 9h40, toujours direction Berne.


On commence par de la descente, les kilomètres défilent très vite. Dix puis vingt puis trente. On n'a plus grand chose à manger, et quand on se dit qu'il est temps de refaire quelques courses pour le repas du midi, on ne traverse plus que des petits villages sans commerces. Les estomacs commencent à gronder, les enfants aussi. Les batteries des téléphones des parents sont également presque vides après deux nuits en bivouac, donc on limite leur utilisation. Bastien repère un clocher et propose de faire le fond des sacoches pour reprendre des forces et compléter le repas plus tard. A peine les enfants descendus de vélo nous identifions sur internet une supérette à 1,3 km dans le village suivant. On remet Maxime sur son siège, qui proteste car il se voyait déjà l'estomac en train de se remplir !


A 12h45 dans le village suivant, un banc à l'ombre devant une fontaine fera l'affaire pour le repas. Les enfants et Bastien se partagent les restes pendant que Marion part faire les courses. La première partie du repas est frugale : 2 œufs durs, une carotte, une tomate, un concombre et 3 galettes de maïs à se partager. Heureusement Marion revient bien vite avec du solide et... un bac de glace à la vanille pour le dessert.


Ce dessert dope les troupes, nous repartons à 14h sur le même rythme fou de la matinée. Bern qui semblait vraiment loin devient à portée de pédale dès aujourd'hui.

Bastien sacrifie quelques pourcentages de batterie et programme l'itinéraire jusqu'au camping le plus proche du centre-ville. Nous croisons un champ immense paré pour servir de parking devant des très grandes tentes. Il s'agit d'une compétition de hornuss (comment ça vous ne connaissez pas??) qui aura lieu dans les prochains jours.


À un moment Komoot nous fait prendre un raccourci par rapport à la véloroute 34 suivie dans la matinée. C'est quelques kilomètres gagnés seront néanmoins éprouvants car on se retrouve sur une route très fréquentée par des voitures et des camions, sans bande cyclable. Les enfants maîtrisent heureusement désormais bien l'exercice et tout se passe sans encombre. Nous ne sommes malgré tout pas fâchés de retrouver quelques kilomètres plus loin notre itinéraire, excellemment bien tracé par dessus le marché, ce qui fait économiser de la batterie en se laissant guider par les panneaux.


À l'approche de Bern, le parcours se fait plus vallonné et de plus en plus urbanisé. L'entrée dans la ville se fait via une longue descente au milieu des voitures, les enfants se jouent des obstacles et avancent sans faiblir. Il y a vraiment du monde, voitures, cyclistes et piétons. Après le centre nous rejoignons les rives de la rivière Aare. Une marée de personnes en maillot de bain remonte le long de la rive en vue de se jeter plus haut dans le courant de cette belle rivière au ton bleuté.


Une dernière montée, et nous voici au camping Eichholz au bord de la rivière à 17h40 avec un total du jour de 78 km. Record battu, les enfants sont super fiers et les parents ne comprennent pas d'où ce trajet est sorti, avec 580 m de dénivelé d'après komoot, une arrivée même pas tard, et même pas plus fatigués que d'ordinaire.

Il reste néanmoins à avoir une place au camping, il y a foule dans le coin. La personne devant Bastien se fait refouler : le camping est plein pour les camping-cars. Pour nous aucun problème : une immense pelouse est réservée pour les tentes. Bastien installe le campement et met à charger téléphones et lampes frontales, Marion part faire des courses puis prépare le repas, et les enfants pas du tout fatigués partent jouer. Ils ont trouvé un tracteur à pédales avec une remorque. Ils la remplissent de petites branches qu'ils viennent entasser près de la tente. Notre voisine de tente finit par demander à Marion (en français avec accent) : "Vous allez vraiment faire du feu là ? C'est un peu près de ma tente !"

"Non non, ce sont juste les enfants pour s'amuser !"


Pendant ce temps, les nuages blancs présents depuis ce matin s'assombrissent. L'orage gronde au loin. A ce stade, pas besoin de regarder la météo, on décide de rentrer de suite les affaires indispensables dans la tente. Au moment où Victor revient au campement car il a faim, les premières gouttes tombent. Il est 20h15. C'est parfait : tout était prêt, le repas du soir et les affaires pour la nuit. On mange donc au sec dans le auvent pendant qu'un mur d'eau se déverse dehors. Au bout d'une heure cela se calme. Marion et Maxime partent à la douche pendant que les grands font leur cahier. Ils partent ensuite à la douche avec Bastien. A leur retour à 22h20 Maxime dort déjà, ils le rejoignent dans le monde des rêves en quelques instants.