La pluie annoncée au petit matin s'est finalement abstenue, en revanche le ciel est très nuageux. Le couple américain est parti avant 7h.

En rangeant le campement, Marion demande à Bastien : " Aujourd'hui on ne fait pas trop de kilomètres, qu'en penses-tu ?"

-"Il y a un camping à 45 km et un à 50 km, le deuxième est mieux noté."

-"Oui, c'est très bien 50 km."


On démarre à 10h30, enfile les vestes de pluie peu après car il commence à pleuvoir. En fait ce ne sont que quelques gouttes passagères.

Nous traversons le Danube sur le barrage-usine d'Ottensheim et restons sur la rive droite tout le reste de la journée.


On pédale tranquillement, en discutant et plaisantant. Victor s'est encore réveillé le premier et n'est pas à son maximum d'énergie pour pédaler (mais ne manque pas d'énergie pour poser des questions insolites).

On voit beaucoup de cygnes et de canards, ainsi que des châteaux surplombant le Danube.


On s'arrête vers 13h20 et 27 km au bord du Danube pour pique-niquer. Nous sommes à l'entrée d'un linéaire où le Danube a creusé des gorges avec des méandres très sinueux. L'endroit est magnifique, plus sauvage, avec de nombreux oiseaux.

Après 9 km à vive allure, Victor donne des signes de fatigue, commençant à zig-zaguer sur la route au lieu de rouler bien à droite. On fait donc une pause. On prévoit de s'arrêter pour une glace dès qu'on en trouve. Victor voudrait arriver tôt au camping pour avoir le temps de se baigner dans le Danube.


On arrive ensuite à la boucle de Schlögen, la plus impressionnante car le Danube fait presque demi-tour. La piste cyclable s'élève ensuite un peu, gorges obligent. Ça faisait longtemps qu'on n'avait plus grimpé de côtes.


On arrive enfin vers 16h30 devant le camping repéré à Wesenufer. Et là on découvre sur un panneau qu'il s'agit d'un camping résidentiel, de surcroît réservé aux plus de 14 ans !

On regarde où est le prochain camping : à Engelhartszell à 10 km. C'est pas si pire... Une bonne glace dans un bar-restaurant à la sortie du village de Wesenufer redonne du courage à chacun. Solène a même reçu sa glace dans deux cornets restés par inadvertance emboîtés.


On repart à 17h30, il faut encore monter une centaine de mètres pendant les 10 km jusqu'au "vrai " camping. On voit deux jeunes cerfs en contrebas de la route qui se cachent dans les hautes herbes. Ils nous ont vus et gardent un œil prudent sur nous.


A 18h30 et 64 km on arrive au camping Freibad, le long du Danube, avec une piscine faisant petit et grand bains. C'est une belle récompense après les kilomètres supplémentaires, les enfants sont ravis. Ils enfilent sans traîner leurs maillots qui ont passé la journée sur les sacoches pour sécher de la baignade de la veille. Pour la première fois, les enfants sont autonomes dans la piscine, y compris Maxime avec ses brassards. Les parents se contentent de les observer depuis la pelouse autour du bassin où ils préparent la tente et le dîner.


"L'eau est fraîche, pense Marion, ils ne vont pas y rester longtemps..."

Finalement ce sont les parents qui sont prêts les premiers, sans doute parce que désormais efficaces pour ces tâches maintes fois répétées. Solène fait grimper Maxime assis sur ses épaules. Il a vraiment acquis de l'aisance dans l'eau. Les parents font sortir les enfants qui réclament leurs manteaux pour se réchauffer. En effet, l'humidité se fait sentir dès que le soleil se cache. On dîne sur les gradins en pierre au bord de la piscine. Solène et Victor y écrivent leur carnet de voyage tandis que Maxime joue à sauter dans les marches des gradins. Les enfants se couchent à 21h30. Ils papotent un peu et s'endorment 20 minutes plus tard. L'air est très humide, l'herbe est même déjà mouillée au coucher, si bien que la nuit est fraîche.