Les enfants se réveillent vers 8h, avalent leur petit déjeuner et demandent à se baigner dans la piscine ! Victor sort de lui-même une fois qu'il a froid, puis on fait sortir Solène et Maxime vers 9h20, car nous sommes presque prêts à partir.
On quitte le camping à 09h45 en direction du musée Haus am Storm (la maison du courant), situé à l'autre bout du barrage-usine de Jochenstein. Or, à l'ouest d'Engelhartszell où nous avons dormi, le Danube marque la frontière austro-allemande. Le musée se situe donc en Allemagne. La frontière est justement marquée à la peinture sur le pont du barrage.
Entre l'usine et l'écluse, il faut grimper sur une passerelle avec 90 marches... On rebrousse donc chemin pour laisser nos vélos sur la rive autrichienne et revenir à pied du côté allemand.
En passant sur la double écluse, on regarde une grande péniche de plaisance en train de remonter.
Le musée n'est pas très grand et en rénovation mais il est intéressant, avec plusieurs éléments sur la faune et la flore du Danube, la géographie du fleuve et l'énergie en lien avec la production hydroélectrique. Les enfants s'intéressent aux différents sujets. Après le vélo à Vienne, nous pouvons ici évaluer la puissance que nous sommes capables de délivrer en rameur cette fois. Si les chiffres sont corrects c'est donc plus élevé, on y pensera pour notre prochaine randonnée. Par contre rien à faire, on n'est pas de taille à affronter les castors pour la coupe de bois. Un film didactique explique pourquoi le Danube fait tant de méandres dans ce coin. Et il semblerait (il faudrait creuser) qu'à une époque très lointaine il s'écoulait dans l'autre sens, vers le Rhin ?
Nous en repartons vers midi, après avoir laissé les enfants jouer sur l'aire de jeux attenante au musée. Nous retournons récupérer nos vélos côté autrichien et reprenons la route. Après quelques kilomètres nous atteignons le village de Kasten. Nous sommes attirés par de la musique sur l'aire de jeux. C'est la fanfare qui joue pour une fête, avec de nombreux habitants attablés pour un repas partagé. Nous écoutons quelques instants mais nous ne resterons pas déjeuner là le midi, il y a trop de soleil. Nous visons plutôt le village sur la rive d'en face, et justement le ferry arrive en même temps que nous au quai. Nous sommes les seuls à monter dedans. Quelques minutes après nous sommes donc de retour en Allemagne. Une voiture décapotable tente de forcer le passage pour monter sur le ferry alors que nous sommes en train d'en descendre, le conducteur se fait rappeler à l'ordre par un coup de corne de brume ! Nous remettons Maxime sur le vélo, le temps que Bastien rallume son téléphone et identifie un parc à une cinquantaine de mètres. Nous y voyons de l'ombre, puis derrière un mur une superbe aire de jeux. Les deux passages de frontières donnent un aperçu séduisant de l'Allemagne aux enfants. La pause-déjeuner est longue, nous repartons à 15h pour les 16 derniers kilomètres de la journée pour rejoindre notre camping à Passau que nous visiterons demain. La piste cyclable est impeccable comme en Autriche, mais un peu monotone pour les enfants malgré les beaux paysages. Nous aurons le droit toutefois à deux animations : Victor se met tout à coup à hurler. Nous ne savons pas pourquoi, heureusement il réagit bien et s'arrête sans faire d'écart car les cyclistes défilent à toute allure dans les deux sens. C'était un énorme scarabée qui remontait sur son bras. Bastien l'enverra brouter l'herbe sur le bas côté d'une pichenette pendant que Solène tient le pino chargé avec Maxime dessus, opération qu'elle avait tenté pour la première fois quelques heures auparavant seulement ! Cela aura permis un sauvetage de Victor en quelques secondes seulement. Le scarabée mécontent remonte sur la sacoche de Solène. Victor terrorisé s'échappe sur son vélo sans demander son reste.
Nous sommes ensuite rattrapés par un gros bateau qui promène des touristes, nous en croisons une bonne dizaine par jour. Le bateau avance à peu près à la même vitesse que nous, c'est l'occasion de faire la course. Maxime donne le top départ en faisant coucou aux passagers et en lançant son célèbre : "tu nous dépasseras jamais vous !". Effectivement on les a laissés sur place!
À notre arrivée sur Passau nous observons la confluence des trois rivières dont le Danube, avec des couleurs bien différentes. Nous remontons l'Ilz sur quelques centaines de mètres. Sa couleur très sombre est peu engageante: "ça donne pas envie de se baigner là dedans" dixit Solène. Le camping est censé être au bord de l'eau mais une belle montée nous attend alors qu'un panneau indique l'arrivée à 250 m. Maman est perplexe (référence dure à connaître ; Juliette est malade). Cela redescend aussi vite, vers une pelouse où sont déjà installées plusieurs tentes de cyclotouristes. Plusieurs personnes se baignent, les enfants enfilent leurs maillots à peine secs de la baignade du matin. Les chaussons de plage sont indispensables, on a bien fait de les apporter dans nos sacoches!
Les parents installent la tente et s'enregistrent à l'accueil avant de rejoindre les enfants. Nous remontons ensuite le courant sur quelques centaines de mètres, attirés par un regroupement de baigneurs. Maxime et Victor sont complètement mouillés, les parents jusqu'au bas du ventre au milieu de la rivière. Nous arrivons dans une piscine créée par deux barrages de pierre espacés de quelques mètres. L'eau y est plus calme, c'est mieux adapté pour les enfants. Mais bien vite nous jouons surtout à descendre le courant en bordure de cette piscine. Maxime décidément en pleine confiance ose aussi le faire tout seul, rattrapé par Marion avant de se faire entraîner trop loin.
Nous rentrons ensuite prendre une douche en vue de manger au restaurant du camping. Nos sacoches alimentaires sont un peu vides en ce dimanche soir, c'est l'occasion. Le service est totalement désorganisé, ça se dispute en cuisine, c'est vraiment n'importe quoi. Nos pizzas mettront une heure et quart pour arriver, et encore il en manque une sur les 4 commandées! Le temps d'attente nous a permis de faire la connaissance de notre voisin de table, un Québécois venu faire une partie de l'EV6. Il nous donne de bons conseils sur les villes que nous allons rencontrer, ainsi que de la documentation, ce qui lui permet de s'alléger!
Les enfants sont très patients, c'est impressionnant. Nous ne réclamons pas la pizza manquante, et préférons finir notre repas en faisant nos fond de sacoches avec pommes, bananes et pruneaux.
Coucher à 21h30 (les enfants sont demandeurs de se décaler vers le tôt, même si c'est difficile avec nos journées bien chargées, surtout quand les restaurateurs n'aident pas). Vers 23h30 la pluie se met à tomber fort, les affaires sont mises au sec sous la tente.