Réveillés vers 8h15, Solène raconte la journée d'hier dans son carnet de voyage, Victor fait une leçon de mathématiques et Maxime retourne jouer au bord de l'eau tandis que les parents s'affairent. On part à 09h45, il reste 16 km jusqu'au centre de Linz. Les bords du Danube par l'euro-vélo 6 sont rapidement parcourus, puis on bifurque vers la ville. On roule toujours sur des pistes cyclables, la ville est vraiment bien aménagée pour les cyclistes.


On arrive à 11h au pied de la cathédrale Sainte-Marie, de style gothique, achevée en 1924. Ce n'est pas la plus haute mais la plus grande d'Autriche, pouvant accueillir 20 000 personnes. L'intérieur est en effet volumineux. Ce sont aussi les vitraux qui impressionnent, en très bon état, avec des dessins minutieux et colorés. Il y a également trois orgues. La crypte est malheureusement fermée à cette heure-ci.


Nous allons ensuite voir la place principale, au centre de laquelle se dresse une colonne dorée et entourée de maisons baroques. On fait quelques achats sur le marché qui s'y trouve. Puis nous allons dans le parc le long du Danube. Les enfants jouent un peu, on pique-nique.


Nous avons ensuite prévu d'aller au festival d'arts de rue qui se déroule hier, aujourd'hui et demain à Linz. Nous avons découvert cet événement par hasard hier soir, en regardant sur internet ce qu'il y avait à voir à Linz. Ils indiquent la tenue de 800 spectacles sur les trois jours ! Ce vendredi, le festival commence à 14h.


On accroche donc nos vélos en tas en lisière du parc vers 14h30 et se dirige vers la place principale. On tombe d'abord sur un spectacle de danse sur échasses par 3 jeunes femmes, poétique et gracieux. Puis on arrive devant deux acrobates dans un immense cerceau mais le numéro se termine.


Nous nous installons sur la place principale devant un monsieur qui se prépare, il y a du monde : c'est un spectacle de magie. Les pièces de monnaie disparaissent et réapparaissent d'une main à l'autre. Les billes passent d'un verre à l'autre et se transforment en citron, clémentines ou balle de base-ball. Bref du classique ! Le monsieur parle beaucoup et en allemand, c'est un peu frustrant mais les deux grands semblent apprécier le spectacle.


Nous passons rapidement devant un jongleur de chapeaux, adroit avec le vent qui tourbillonne un peu sur la place. Le pauvre est concurrencé par un Japonais installé à quelques mètres qui capte tous les spectateurs avec ses acrobaties et jongleries. Plus que ses exploits sportifs, les enfants retiennent qu'il a éteint à la fin du spectacle une de ses massues en flamme en la mettant dans sa bouche.


Nous parvenons ensuite pour 16h devant un spectacle censé être de l'acrobatie aérienne et qui se révèle être du pole dance. Les 5 filles mettent autant de temps à installer leur matériel qu'à faire leur spectacle. Elles font des acrobaties difficiles, mais nous accrochons moyennement.


Nous cherchons vainement une glace pour le goûter. Les deux seuls glaciers à proximité sont pris d'assaut. Marion part faire des courses pendant que Bastien et les enfants retournent voir un dernier spectacle près des vélos prévu à 17h. C'est un couple d'acrobates espagnols, vraiment très bons. Leur spectacle est bien mis en scène avec des parties plus orientées magie ou clown. Ils remportent un franc succès.


Nous retournons aux vélos vers 17h45. Le goûter sera un simple paquet de biscuits et non la glace promise mais il n'y a pas de protestation, les enfants en ont eu plein les yeux. Nous sommes installés au bord de la zone du festival réservée aux enfants mais nous n'en avons pas profité jusqu'à présent. Les enfants ont donc le droit de faire un tour sur un tobbogan spécial (cf vidéo) assuré par trois bénévoles très patients, car ça défile !


Nos enfants n'auront pas eu le droit d'aller dans la fontaine pour détourner les jets d'eau à l'aide de tuyaux de plomberie, ni d'aller dans les jeux gonflables ni plein d'autres stands. Car il est déjà bien tard, il faut aller au camping ! Le festival finit à minuit, il fallait de toute façon bien s'arrêter à un moment. Les enfants le comprennent et ne traînent pas pour repartir. Nous repassons devant le lieu du dernier spectacle que nous avons regardé ; par chance la casquette de Solène qui manquait à l'appel au moment de se remettre en selle y est bien.


Le camping repéré est à 13 km le long du Danube. Maxime s'endort en chemin. Solène questionne Bastien sur la vie des artistes de ce festival, qui ne sont rémunérés que par les dons des spectateurs à la fin (la ville offre les nuits d'hôtel et défraie partiellement les repas et transports). Elle se rend bien compte de la difficulté de vivre de ce métier, en plus de l'énorme investissement nécessaire pour faire de telles prestations physiques. De manière générale, elle pose beaucoup de questions sur les travailleurs qu'on croise au cours de notre vie dehors : "ça ne doit pas être agréable de vider les poubelles du camping ?", "on ne doit pas gagner beaucoup d'argent à faire tel métier ?" Etc. Pas sûr qu'elle ait trouvé sa voie, mais elle aura au moins vu une très grande diversité de métiers en action et identifié quelques critères importants de choix pour plus tard.


Nous parcourons rapidement la douzaine de kilomètres qui nous séparent du camping le plus proche, à Ottensheim, petite ville qui semble moins touristique, plus authentique. Il est 19h30. Une seule autre tente s'y trouve. C'est un couple d'Américains retraités qui parcoure l'intégralité de l'euro-vélo 6, dans le sens du courant. C'est leur premier voyage à vélo en Europe, mais ils ont une très grande expérience aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Ils apprécient notre projet de voyage et nous prennent en photo pour le souvenir, Maxime dort encore sur le pino !


Il se réveille juste après, les enfants enfilent les maillots et chaussons de plage, et partent jouer au bord de la rivière qui coule à quelques mètres des tentes. Les propriétaires du camping y ont installé une petite centrale hydroélectrique. On n'avait pas vu qu'il y avait un accès à l'eau, mais par chance une famille vient de passer et nous a montré le spot. Pendant que les enfants jouent dans l'eau, les parents installent le campement et préparent le repas.


Douche, repas dans la cuisine (du coup sans moustiques et avec éclairage bien venu car il est tard...), cahier du jour et dodo 22h30.