Au réveil il ne pleut plus, le ciel est bleu. En revanche sont mouillés les affaires accrochées sur le fil à linge, la literie de Maxime en raison d'un débordement de couche, et le fond de la tente est plein de flaques de boue. On suppose que le vent de l'orage a poussé l'eau qui a ruisselé de la terre dans la tente. Les dessous des matelas gonflables sont donc également mouillés.
Heureusement le soleil permet de sécher le matériel de tente ; il ne reste plus qu'à accrocher aux sacoches le linge qui sèchera en roulant.
On quitte le camping à 10h15 pour une étape d'une soixantaine de kilomètres jusqu'à un autre lac nommé Velencei-to. On n'a pas prévu de visite culturelle en route, mais de déjeuner au restaurant.
On longe encore un peu le lac Balaton, puis monte sur 1 km sans aucune plainte et avec un seul arrêt. Victor est très motivé pour parcourir aujourd'hui les 120 km restant jusqu'à Budapest. "Mais si Papa, on roule à 20 km/h, on fait 3 heures ce matin et 3 heures cet après-midi et on est arrivés !"
L'euro-vélo 14 mène jusqu'à Budapest. Le balisage est impeccable, l'itinéraire est intégralement en pistes cyclables au revêtement bien lisse. C'est vraiment confortable. Nous longeons plusieurs champs de tournesol en fleur. Nous voyons un nid de cigognes, plusieurs aires de jeux bien équipées.
De gros nuages s'accumulent sur notre gauche, on craint un orage. Marion dit : "Les dernières fois, nous avons mangé au restaurant parce qu'il pleuvait. Ce midi on va au restaurant donc il va pleuvoir !"
A 13h10 et 32 km, un restaurant se présente dans une petite ville sous des nuages noirs menaçants. Une serveuse nous invite à nous asseoir sur la terrasse, nous demande d'où l'on vient. Elle amène des menus avec traduction anglaise, et des coloriages et crayons pour les enfants. Elle nous aide à choisir dans la carte. Maxime nous montre chacune de ses frites avant de les croquer. "Regarde maman, cette petite frite toute mignonne ! Et celle-ci comme elle est grande ! Et celle-là est bien grillée, elle va être croquante."
Lorsque nous repartons à 14h55, les nuages noirs ont disparu, sans qu'il ait plu. Nous arrivons à Szekesfehervar. C'est manifestement une grande ville, même si Marion sèche quand Victor lui demande le nombre d'habitants. Passant devant une grande église ronde avec un dôme, Marion propose de s'arrêter. Mais l'édifice s'avère fermé. On décide alors de faire un petit détour par le centre-ville. La cathédrale est ouverte. Nos chaussures couinent sur les dalles des allées. "On fait des bruits de souris," chuchote Solène. Des toilettes près de la cathédrale nous permettent de remplir nos gourdes. Les rues piétonnes sont agréables et animées.
Il reste 18 km, Maxime s'endort, Solène et Victor discutent en pédalant. A 17h40 et 6 km de l'arrivée, il commence à pleuvoir. On sort les imperméables. La pluie reste fine et verticale, puis s'arrête. Nos vestes sont sèches lorsqu'on arrive au camping à 18h15.
Le camping est grand, presque vide, et partiellement entretenu. Les pelouses sont impeccables, l'aire de jeux est grande, mais les sanitaires sont vétustes et en partie à l'abandon. Bastien nettoie la terre du fond de la tente. On dîne dans le petit train de l'aire de jeux pour s'abriter des quelques gouttes qui tombent de nouveau... et pour le plaisir des enfants. Un arc-en-ciel apparaît au-dessus du lac. On va voir le bord du lac, pas si petit, avant de se doucher (dans des douches préhistoriques), écrire le carnet de voyage et se coucher à 22h.