La journée s'annonçait tranquille comme la veille, avec bateau le matin puis un peu de vélo pour aller au camping. Le calme était trompeur, elle a été bien plus sportive !


Le bateau reliant Grado à Trieste est opéré par la même compagnie que la veille, avec un départ nettement plus tardif (10h30) afin de pouvoir enchaîner les 2 bateaux pour ceux qui veulent. Nous nous levons donc plus tardivement, à 8h en laissant les enfants dormir jusqu'à 8h30. Le départ est fixé à 9h30, ce qui semble facile maintenant que nous avons réorganisé les sacoches puisque nous n'avons plus besoin de sortir les duvets.


Surprise au réveil : 2 pipis au lit à nettoyer. Confiants malgré tout, nous laissons cette fois les enfants petit-déjeuner. Nous ne trainons pas particulièrement, les enfants aident et soudain Bastien jette un oeil à l'heure : 9h16 ! La tente n'est pas encore rangée, le camping pas payé, la vaisselle du petit-déjeuner pas commencée, la lessive de la veille toujours étendue ainsi que toutes les affaires de plage qui sèchent.


9h31 : on est prêts à partir !! Au prix de quelques concessions sur le rangement bien sûr.

Des jardiniers du camping passent nous féliciter en voyant la troupe s'élancer et nous demandent où l'on va. "Budapest!" Ils sont impressionnés. Le voisin d'en face entend cela, "ah mais je suis Slovène, de Ljubljana". Bastien prend vite son numéro, s'excuse de devoir filer sans plus discuter et lui promet de lui écrire.


Nous arrivons vers 10h au port comme prévu, bien que Victor et Marion en queue de convoi ont eu du mal à suivre au milieu de la circulation déjà dense. Malheur!, nous sommes loin d'être les premiers, beaucoup de cyclistes dont une famille de 4 cyclo-randonneurs, un autre couple avec des sacoches et plusieurs personnes âgées avec des vélos électriques qui feront le trajet à la journée. L'attente est un peu pesante mais les Italiens comme d'habitude sont très arrangeants et tout le monde rentre sans encombre, dans un ballet de sacoches, d'enfants et de vélos sur la passerelle.


Une fois à bord, nous faisons la connaissance de l'autre famille : ils viennent d'Alaska ! Ils ont deux enfants, un garçon de 15 ans et une fille de 7 ans, sur un follow-me. Cette dernière apprend le français à l'école et parle déjà très bien. Elle s'amuse à faire interprète à ses parents. Nos enfants font les timides et finalement n'interragissent pas avec elle, dommage. C'est leur 4ème voyage à vélo, à chaque fois en Europe, qu'ils trouvent plus sûre et mieux pourvue en itinéraires cyclables. Ils traversent donc l'océan avec leurs vélos chaque été pour quelques semaines. Ils sont descendus d'Allemagne par les Alpes via Udine jusqu'à Grado (itinéraire qu'ils recommandent même si on n'a pas retenu le nom) en mixant trains et vélos, poursuivent jusqu'en Croatie et feront la remontée aussi par bus pour reprendre leur avion depuis leur point de départ, sacrée logistique !

Les enfants se plongent dans leurs cahiers et devoirs pour la fin du trajet (1h30).


Nous quittons l'autre famille sur le quai, eux devant prendre un autre bateau et nous trouver des toilettes, celles du bateau étant en panne.

Nous sentons qu'ils auraient eux aussi aimé faire un peu de route ensemble, dommage !


Une fois les vessies soulagées, Bastien essaie d'appeler le camping, leur site mentionnant qu'il est petit. C'est par sécurité, car la montée pour y accéder est difficile, et les vacances des Italiens débutent ce jour. Malgré plusieurs tentatives personne ne répond. Il envoie un mail, sait-on jamais.


Nous avions deux idées pour l'après-midi : visiter le château Miramare, un des plus visités d'Italie et qui s'annonce riche en histoire, ou nous rendre au musée des sciences.

Les enfants votent à l'unanimité pour le deuxième choix.


Marion achète quelques focaccias à proximité puis nous traversons le centre-ville, avec de grandes avenues et un fort trafic, peu agréable pour nous. Nous retournons au bord de la mer et longeons un bon kilomètre de bâtiments portuaires en ruines. Le musée des sciences se trouve dans le prolongement, dans un de ces bâtiments réhabilités. Il y a clairement du potentiel d'aménagement dans toute cette zone.

Difficile de trouver un coin agréable pour pique-niquer, nous nous installons au milieu d'un rond-point pour les bus, sous la seule ombre disponible à la ronde, juste à côté du musée.


Nous posons ensuite nos vélos devant celui-ci et commençons notre visite. Il est vraiment très bien fait, avec de nombreuses expériences interactives pour tous les âges, en physique, optique, mécanique des fluides, biologie, mécanique, etc.

Tout le monde est captivé, on y reste 3h, jusqu'à 17h30. Il faut commencer à envisager de monter au camping (qui entretemps a répondu oui au mail de Bastien), non sans revenir auparavant en centre-ville pour la dernière glace italienne, des courses pour les prochains repas (demain c'est dimanche). Puis vers 18h30 nous entamons l'ascension, après un arrêt devant un magasin qui vend des bouteilles de gaz, opportunément placé sur notre chemin, pour remplacer la nôtre bientôt vide. C'est un soulagement car les tentatives d'en trouver ce matin en centre-ville avaient été un échec.


Programme de la montée : 4 km, dont les 2 premiers vraiment très raides, avec des passages à 16%.

On a déjà fait pire, mais cela fait pratiquement un mois qu'on ne fait que du plat. On est donc bien contents de faire cette montée en fin d'après-midi, alors que le soleil tape moins.

Dès le début ça grimpe raide, il faut enlever Maxime du pino et pousser les vélos. Au bout du premier raidillon d'une centaine de mètres un monsieur nous attend en scooter. Il discute avec Bastien pour lui indiquer qu'on a sûrement pris un mauvais chemin, car c'est trop raide pour monter, et qu'il y a trop de trafic. Bastien lui assure qu'on a déjà fait pire, il s'en va sceptique.


Un peu plus loin un piéton vient nous voir, attiré par l'équipage. Il nous conseille de faire une pause un peu plus haut près d'un gymnase car ça va être long, et de passer par la route de l'ancien tram pour éviter le trafic. Nous refaisons effectivement le plein d'eau au gymnase, un piéton en profite pour nous féliciter, et poursuivons la montée. Une dame à qui Bastien demande où est l'ancien tram (car visiblement les rails et installations que nous voyons sont en état de marche) veut nous indiquer un raccourci... par un escalier. Bastien lui explique que c'est inenvisageable de porter le pino, elle nous accompagne pour contourner un bâtiment proche, elle nous aura donc évité ... 10 m sur la route principale !

La pente est moins raide, nous remontons tous sur nos vélos (Victor et Marion ayant pédalé régulièrement lors de la montée tout de même). La route principale bifurque, nous poursuivons donc par la route à côté des rails, parallèle à celle principale, et qui ne doit donc plus être empruntée par le tram.

C'est bien ce qu'indiquait komoot, les conseils des locaux étaient sympas mais finalement surtout l'occasion de se poser pendant la montée.


La montée est régulière et nous paraît désormais facile. Une voiture rouge nous dépasse, Bastien a l'impression qu'il nous a pris en photo en passant. Au virage d'après nous voyons effectivement le monsieur au bord de la route qui s'est arrêté pour nous filmer et nous encourager. Des centaines de personnes qui nous ont doublés/croisés ont donc vraiment dû nous prendre pour des fous, en tout cas pas grand monde doit faire cette montée avec un chargement comme le nôtre.


Nous arrivons au camping complètement trempés de sueur, cela fait bien longtemps qu'on n'avait pas fait un tel effort, mais les enfants ont été très courageux, Maxime a même marché les 2 km de la montée raide juste devant le vélo de son papa. Il progresse bien ces temps-ci et court beaucoup (notamment derrière les pigeons) ce qu'il ne faisait pratiquement pas avant le voyage, il est vrai gêné par sa blessure au pied et son attelle cet hiver.


L'accueil au camping est par contraste très froid. La dame demande à Bastien ce que nous faisons là, et s'obstine à lui parler en anglais (ce qui l'agace). Il lui répond qu'on a réservé un emplacement pour une tente, visiblement elle n'était pas au courant :

- "et on vous a dit oui?"

-"Ben oui"

-"pfff, et j'imagine que vous avez une grande tente"

- "Ben oui on est 5 (banane)"

- "repff"

Puis elle nous conduit à un emplacement qui convient très bien. Il y a du monde dans le camping, surtout des résidents permanents il semblerait, mais on pourrait sans difficulté trouver à s'installer, vraiment étrange comme accueil.


Il est 20h15. Nous avons fait les 5 km de montée en 1h45. Pendant que les enfants filent aux jeux les parents installent le campement, et notamment font sécher toutes nos affaires rentrées en vrac le matin et qu'on a oublié de ressortir après le bateau !

Heureusement les 2 tapis de sol sêcheront d'ici à la fin du repas et les autres habits ne sont pas critiques (mais avec la suée de la montée, et le tshirt de la veille mouillé, le stock de 3 tshirts par personne est ... optimisé, il ne faut pas d'accident!).


Repas puis douche puis cahier du jour, dodo à 23h (et 1h30 pour les parents le temps de tout ranger, laver et préparer le programme du lendemain).