Pour une fois c'est Victor le dernier levé, Solène et Maxime étant réveillés les premiers et d'humeur joyeuse à 7h45, peut-être à la perspective de visiter Venise.
Après un petit-déjeuner expédié rapidement (la faute à un paquet de muesli jugé trop petit par les enfants), la troupe s'élance à 9h30 sur des vélos allégés, les sacoches restant sous la tente. Après un arrêt au panificio du coin pour compléter notre pique-nique, nous parcourons les 5 km menant au port de Punta Sabbioni. Le ciel est couvert, et de petites pluies sont prévues par la météo italienne pour aujourd'hui.
Nous commençons par attacher solidement nos vélos avec tous les cadenas et câbles disponibles, puis prenons un abonnement d'une semaine pour les transports en commun fluviaux afin d'être libres dans nos déplacements.
Le trajet vers Venise dure 40 minutes que les enfants emploient à parcourir le bateau dans tous les sens pendant que les parents pianotent sur leur téléphone, notamment pour répondre à plusieurs messages en retard.
Nous arrivons directement à quelques pas de la place Saint Marc. Les enfants découvrent le concept de la ville :
Victor : "Ah mais toutes les rues ne sont pas en eau, il y a aussi des rues où on peut marcher."
Solène : "Attendez, on reste sur ce pont pour observer les pirogues."
Bastien : "On dit les gondoles."
Solène : "Ah oui c'est vrai. Tiens regarde, encore une pirogue Maxime".
Maxime, un peu plus tard le long du grand canal : "Oh tous ces paddles qui sont garés !" (Et il est vrai que les conducteurs de Venise pagaient debout comme sur un paddle du lac du Bourget.)
Nous prenons notre temps et arrivons directement devant la basilique Saint-Marc, qui surgit devant nous brusquement. Victor est ébloui, avec une expression qui semble dire "ah oui quand même !" Il faut dire qu'elle est impressionnante avec la finesse et le nombre de détails, sculptures et surtout mosaïques dorées.
Nous cherchons l'entrée. La queue n'est pas très longue, on a à peine le temps de se préparer (vider le sac à dos de nos manteaux pour qu'il paraisse plus petit et tienne dans le gabarit mentionné, et bricoler une jupe pour Marion avec son manteau, son short étant 1 cm au dessus du genou, ce qui entraîne un rappel à l'ordre d'un gardien qui inspecte la queue) avant de pouvoir rentrer.
L'intérieur est encore plus impressionnant que l'extérieur, les mosaïques recouvrant les 5 coupoles, et une bonne partie des murs, ainsi que le sol. La foule est très nombreuse, les enfants gigotent un peu pendant que les parents regardent les décorations mais nous décidons malgré tout de faire une nouvelle queue pour aller voir le "pala d'oro", un grand retable tout en or et pierres précieuses qui se trouve derrière l'autel.
Étonnamment nous sommes quasiment seuls devant le pala d'oro et pouvons le regarder de près et nous y attarder.
Nous filons ensuite hors de la basilique en vue de pique-niquer ; il est presque 13h. Nous nous rendons dans un jardin tout proche mais un panneau indique qu'il y est interdit de manger. Nous tombons par hasard sur l'office de tourisme où nous achetons un plan de Venise qui nous aidera à organiser notre visite. Comprenant que ce sera difficile dans tout le quartier avec la foule compacte et le peu de places dans les rues, nous prenons le premier bateau disponible pour nous éloigner. Nous arrivons à l'arrêt San Elena, avec un grand parc repéré sur la carte de la ville, des jeux pour les enfants, un robinet, et une table de pique-nique qui n'attend que nous car il n'y a presque plus personne !
Nous prenons notre temps pour la pause du midi, avant de repartir à pied en direction du centre-ville.
Quelques centaines de mètres plus loin, nouvelle pause jeux dans le parc devant la Biennale de Venise. On s'arrête dans un magasin acheter une crème anti-moustique et un taille-crayons. Puis nous prenons une glace vers 16h15 tout en marchant toujours le long de l'eau. Sur le quai devant l'arsenal, nous passons devant un bateau de l'armée italienne ; quelques personnes attendent devant un militaire. Renseignements pris : à l'occasion du salon nautique de Venise qui se tient justement ce week-end, il est possible de monter à bord pour une visite. Nous avons même le droit de pénétrer dans la cabine de pilotage ! Des militaires vêtus tout en blanc donnent des explications aux visiteurs.
En ressortant nous prenons un nouveau bateau-bus qui remonte le grand canal jusqu'au pont du Rialto et profitons de la balade pour admirer les palais (les parents), s'interroger sur pourquoi tellement rues est en haut ou pas et laquelle est la plus étroite (Victor) et faire coucou aux personnes aux alentours (Maxime et Solène). Au vu du pourcentage de réponses (probablement moins de 1 pour mille) Maxime préfère largement le pino et ses sacoches qui lui assurent quasi systématiquement au moins un sourire quand ce n'est pas un coucou de la main, un "ciao!" ou "bravo!" voire des applaudissements.
Nous retraversons ensuite rapidement le Rialto à pied (expérience faite il n'y a pas plus de réponse au coucou depuis le haut du pont) et repartons à travers les ruelles en direction de la place Saint-Marc pour reprendre le bateau de retour vers le camping, après un arrêt dans les toilettes publiques déjà pratiquées le matin.
Par chance un bateau part justement 3 min après notre arrivée, vers 18h45, et c'est un direct : 25 min de trajet retour. Nous arrivons vers 19h15, détachons nos vélos et parcourons les 5 km retour. Maxime s'endort lors du trajet, il a beaucoup couru dans la ville aujourd'hui, grimpé des ponts, poursuivi des pigeons. C'est le rêve pour lui une ville sans voiture, lui qui demande toujours l'autorisation pour s'éloigner de plus de 3 m de nous et revient dès qu'un bruit suspect survient.
Marion s'arrête faire quelques courses au supermarché, les enfants filent aux jeux en arrivant au camping. Ils reviennent bientôt tenaillés par la faim, mais le réchaud ne marche plus, impossible de faire cuire les pâtes ! Ils écrivent vaillamment leurs cahiers du jour pendant que Bastien démonte le réchaud pour comprendre le problème (vraisemblablement une simple crasse qui bloquait la sortie du gaz).
Le repas commence finalement à 21h. Maxime se réveille à ce moment-là mais Marion le fait passer du pino au duvet sans manger ; il approuve et se ré-endort instantanément après que pyjama et couche soient mis.
Après une douche pour les autres, dodo à 22h. A noter que nous avons par chance échappé à la pluie annoncée pour cette journée. Les vestes de pluie ont toutefois bien servi car il fait frais, surtout sur le bateau. La pluie se met à tomber en début de nuit.