Fidèles à leurs habitudes, Victor et Bastien se lèvent les premiers vers 7h et commencent les rangements et petit-déjeuner. Vers 8h le reste de la troupe s'éveille et la mécanique désormais bien rodée du rangement se met en place. Le vieux monsieur qui avait offert des fraises repasse pour dire au revoir ("tre bambini, addesso finito! O te la tagli o chiudi quella della moglie, ma finito!") et fait promettre à Bastien de venir le saluer si nous repassons un jour dans le village.
Marion repart faire quelques courses à l'épicerie du village et la troupe s'élance à 10h sous le soleil, avec un gros chargement en eau car la zone est réputée ne pas avoir de robinet. Victor porte ainsi une poche à eau de plusieurs litres dans ses sacoches, il ne s'en rend visiblement pas compte.
Les premiers kilomètres filent à toute vitesse le long d'une digue parfaitement bien goudronnée, pendant que les enfants s'amusent à se raconter différentes histoires d'animaux, à apprendre l'alphabet à Maxime. Au détour de virages nous apercevons de grandes étendues d'eau. Soudain, on découvre dans l'une d'elle un groupe de grands oiseaux. En nous approchant nous reconnaissons des flamants roses. Ils sont plutôt blancs, mais leurs pattes sont plus colorées, et le dessous des ailes franchement rouges. Nous restons plusieurs minutes à les observer, ils sont bien nombreux , une bonne cinquantaine, il y a de l'animation.
Nous poursuivons notre route jusqu'à Porto Levante où possiblement un ferry nous permettrait de franchir un canal afin de poursuivre notre route dans la lagune. Les indications trouvées sur internet étaient contradictoires, chaque année les modalités changent et les habitants du village du matin ne connaissaient pas ce passage. Bastien n'était donc pas sûr de comment ça se passerait.
Manque de chance, le ferry existe bien mais circule cette année uniquement vendredi, samedi et dimanche (nous sommes mercredi) !
Nous voilà donc partis pour un grand détour pour attraper le pont le plus proche. La route est pénible, sous le soleil qui tape et les voitures qui roulent à vive allure. Nous atteignons enfin le pont que nous franchissons très prudemment du fait du fort trafic de cette portion de nationale. Après quelques centaines de mètres nous repartons en arrière, sur l'autre rive, mais prenons tout de même un raccourci pour revenir plus vite dans nos chemins plus tranquilles dans la lagune.
Au final ce rendez-vous manqué avec le ferry nous aura coûté une bonne dizaine de kilomètres de détour... Heureusement que les enfants sont volontaires et ne rechignent pas devant les péripéties !
Un panneau indique une prochaine aire de pique-nique, sans indiquer de distance. Nous promettons à Victor, dont l'estomac gargouille, de manger au plus tard dans 6 km, au prochain port, si on ne voit pas d'endroit adéquat avant. L'aire de pique-nique se profile enfin, quelques centaines de mètres avant les 6 km. Une grande table à l'ombre nous attend et nous nous y installons. Juste à temps, car ensuite nous voyons d'autres cyclistes (sans sacoches, des faux !) qui tournent pour chercher un endroit pour se poser. Nous les aurions accueillis volontiers, il y a de la place, mais visiblement ils préfèrent s'installer tranquillement un peu plus loin sous un arbre.
Nous avons parcouru 37 km ce matin, tout en arrivant tôt (13h15). Nous sommes désormais bien plus efficaces le matin au départ, mais aussi dans l'optimisation des pauses pipi et autres changement de lunettes, pulls etc. Par exemple, les enfants arrivent à boire dans leur gourde en pédalant.
Après le repas, Solène et Victor se remettent à tailler des flèches avec leur opinel, puis nous repartons pour la suite de la promenade dans le parc. De chaque côté, l'eau n'est jamais très loin mais souvent cachée par la digue sur notre droite. Au final nous aurons eu grandement de la chance de voir des flamants roses le matin, car l'occasion ne se présente plus par la suite. Le décor est pleinement sauvage, avec des étangs et des bandes de terre entrelacés, les cris d'oiseau sont nombreux mais on en voit peu.
Nous sommes toujours trop loin pour voir la mer et finissons par nous ré-enfoncer vers l'intérieur des terres et rejoignons l'euro-vélo 8 qui contourne le parc.
Les derniers kilomètres s'effectuent sur des petites routes de campagne, où parfois surgissent d'énormes camions, toujours très respectueux pour nous doubler ou nous croiser.
Nous arrivons enfin dans la ville de Chioggia et nous dirigeons vers notre camping du jour, au bord de la plage. Bastien monte le campement pendant que Marion et les enfants, pas du tout épuisés par les 66 km du jour, filent à la mer, à 100 m au bout de la rue.
Les enfants cherchent des coquillages, jouent dans l'eau (Solène et Victor se baignent intégralement et se laissent porter par les vagues pour revenir vers la plage), font des constructions dans le sable très fin. L'eau est clairement plus chaude qu'il y a une dizaine de jours en Ligurie. Bastien les rejoint, Marion part nager puis retourne au camping préparer le repas.
Les enfants reviennent au camping avec Bastien à 20h, tout couverts de sable et en maillot, direction la douche du camping !
Repas, cahier du jour et dodo à 22h30.