Bastien réveille tout le monde à 8h mais les enfants ont du mal à se lever. Le ciel par la fenêtre est redevenu bleu avec des nuages blancs comme des moutons. Nous devons rapporter les clés de l'aumônerie au père Raoul vers 9h, puis une longue étape nous attend aujourd'hui : une descente uniformément douce le long du Pô jusqu'au plus proche camping, à Pavie à 70 km.
A 9h15 nous frappons chez le père Raoul, le remercions chaleureusement. Les enfants filent dans l'aire de jeux pendant que les adultes discutent un moment. Maria-Rosa vient aussi nous souhaiter au revoir et "buona vita" avec émotion. Elle a gentiment apporté un cahier et des crayons de couleurs pour les enfants.
On essaie de partir, mais un vieux monsieur poussant une charrette pleine de cagettes arrive et se met à discuter avec Bastien. Puis c'est Grazia qui s'approche avec un bouquet de jeune laurier odorant, qu'elle nous offre comme couronne de la victoire. De nouveau des adieux émus, puis on enfourche les vélos.
Bastien souhaite passer à la quincaillerie tenue par Matteo, le frère de Massimo l'épicier, pour acheter une clé pour resserrer les vis de sa béquille. On traverse une rue où est installé le marché. Les gens nous saluent amicalement. Victor dit : "Tout le village nous connaît maintenant !"
Chez Matteo, Bastien achète l'outil, Matteo nous prend en photo.... Victor regarde l'heure : presque 10h30. "On a mis une heure et quart pour partir !" s'exclame-t"il. Marion répond : "Oui, et attends, on n'est pas encore partis..."
En effet, Grazia s'avance vers nous et tend une part de foccacia à Maxime qui l'accepte. Elle provient du magasin au coin de la rue, explique Grazia. On s'y rend donc pour en acheter d'autres pour le déjeuner.
Cette fois-ci on quitte pour de bon Bassignana, à 10h35.
L'euro-vélo 8 suit des petites routes à travers des champs détrempés par les dernières pluies. Il n'existe aucun panneau sur le bord de la route, Bastien suit le tracé sur son téléphone. Victor se plaint d'avoir mal aux jambes dès les premiers kilomètres. Il doit être vraiment fatigué. On s'arrête à 12h45 et 24 km pour pique-niquer au village de Molino dei Torti. Pas de moulin ni de tarte, mais une très belle église avec de belles peintures aux murs et au plafond.
On repart vers 13h30. Certains passages de L'euro-vélo 8 suivent la crête de digues entre champs. Ce sont alors des chemins caillouteux avec des ornières et de grandes flaques. Nous progressons alors plus lentement. On rejoint ensuite le Pô, très large à cette période, et couleur café au lait. Le vent de travers souffle et nous rappelle notre descente du Rhône... Nous passons devant un circuit de course de motos.
Nous nous arrêtons ensuite à 16h15 pour goûter dans une aire de jeux, à 51 km au compteur. Les derniers kilomètres sont rudes : nous suivons une grande route très fréquentée. Il faut être très attentifs aux voitures qui nous doublent, et leur bruit fatigue. Solène à un moment est déséquilibrée par un petit tas de gravillons, son vélo se couche sur le côté droit et Solène vole à plat ventre dans l'herbe au bord de la route. Elle n'a heureusement aucun mal et fait preuve d'un grand sang-froid. "J'ai senti que j'allais tomber et je me suis débrouillée pour ne pas tomber du côté des voitures."
On arrive finalement à 18h30 au camping Ticino à Pavie après 70 km. Nous saluons nos voisins d'emplacement : un couple de retraités suisses en vacances en camping car, et un jeune allemand à vélo à destination du Portugal. Bastien monte vite la tente encore mouillée d'avant-hier. Les enfants vont dans l'aire de jeux et au trampoline. Marion fait des courses. Repas, douche, vaisselle, lessive, cahiers de voyage, dodo 22h30.