Aujourd'hui nous quittons la mer pour retrouver les montagnes. Bastien a prévenu tout le monde hier soir : "Ca va grimper donc il faut partir tôt. On roule la distance que l'on peut, de toutes façons il n'y a pas de camping dans ce coin."
On salue la dinde et les deux tortues du camping Vittoria et démarre à 09h45, pas mal ! Il fait déjà chaud. La montée commence dès la sortie de Savona, sur une petite route peu empruntée, qui serpente sur un versant de montagne boisé. La pente est trop raide (jusqu'à 16 %), si bien que Bastien fait descendre Maxime pour pousser le vélo pino à pied. On fait beaucoup de pauses pour reprendre son souffle et boire. Victor fait toute la montée seul, et sans pleurs. Solène se fait parfois pousser par Marion, à pied derrière elle. A un moment, un Italien en VTT électrique s'arrête, discute avec Bastien puis aide Solène sur une partie de la côte en la poussant à la main, en pédalant à côté d'elle. Marion monte tout sans son moteur, et en faisant quelques aller-retour à pied pour pousser Solène. Et Maxime monte à pied les 2 kilomètres les plus raides, un bravo spécial pour lui !
Arrivés à une sorte de col après les 2 kilomètres raides, stupeur : la route est barrée pour travaux ! Pas moyen de franchir les blocs de béton surmontés de grillage. On ne va quand même pas redescendre tout ce que l'on vient de grimper pour recommencer par une autre route ? Heureusement Bastien remarque alors un petit passage sur le côté qui permet de contourner l'obstacle. Solène et Victor partent en éclaireurs tandis que les parents réinstallent Maxime sur le vélo pino, la montée étant moins raide.
Il n'y a pas de travaux en cours aujourd'hui samedi, et on traverse sans difficulté les deux secteurs en chantier. Puis une autre barrière est à franchir. On parvient à enlever les fils de fer qui maintiennent le grillage pour le faire pivoter puis passer les vélos. Ouf !
On comprend pourquoi il y a aussi peu de voitures : la route leur est barrée !
La suite du trajet monte encore, mais moins. Maxime s'endort vers midi.
A 12h45, on entre dans un village, le premier depuis Savona. Une petite aire de jeux et un banc à l'ombre d'un arbre nous invitent à une pause. Après 5 minutes de balançoire, Victor nous propose de jouer à loup touche-touche. Euh... on vient de faire une grosse montée, non ? Finalement Solène et Victor mettent à jour leur cahier de voyage, le temps que Maxime finisse sa sieste. Puis on pique-nique et repart à 14h10.
La suite du trajet nous réserve encore quelques montées, mais sans difficulté, ainsi que des descentes. On franchit le col de Cadibona, qui géologiquement sépare les Alpes à l'ouest des Apennins à l'est, et qui historiquement fut franchi par Napoléon en 1796. Bastien souligne : "Napoléon avait choisi le même passage que moi !"
Dans ce genre d'épreuve avec une grande montée, la difficulté pour les parents est physique mais aussi psychologique. En effet, Solène et Victor demandent combien il reste de kilomètres de montée, quel pourcentage de côte... et reposent les mêmes questions 200 m plus loin, comme s'ils avaient oublié ou pas compris. C'est encore plus fatiguant pour Bastien quand ils l'interrogent en plein effort ! Parfois aussi, ils demandent où est le tronçon qui grimpe à 16%. La précision du téléphone ne permet pas de répondre, ce que les enfants ont du mal à comprendre.
On passe à un moment au pied d'une éolienne. C'est la première fois qu'on en approche d'aussi près. C'est plus grand qu'on ne le pensait. On entend le souffle au passage de chaque pale.
Dans le village de Ferrania, on s'approche d'un homme muni d'une petite tronçonneuse qui sculpte des troncs d'arbres morts le long d'une allée. Un gnome, un chevalier, un sanglier saltimbanque, une boîte à livres... c'est la commune qui lui passe commande.
A 16h30, on arrive dans la ville de Carcare. Il est temps de chercher un endroit pour dormir. Bastien propose de trouver un hôtel mais Marion préférerait bivouaquer. On s'arrête dans l'aire de jeux du centre historique de la ville, traversée par une jolie rivière. Les enfants ont trouvé un tourniquet et une balle rebondissante ; ils sont absorbés dans leurs jeux. Marion cherche sur Google map. Bastien interroge un policier qui passe par là pour savoir où camper : il ne sait pas. Bastien interroge des personnes qui flânent sur la place. On lui indique finalement une aire de camping-cars à 1,8 km, en périphérie de Carcare. Les photos de Google montre qu'il y a de l'herbe. Allons voir si on peut y planter notre tente...
L'aire n'est occupée que par 2 camping-cars. Il y a des tables abritées sous des barnums, de l'espace, des arbres. Bastien s'approche d'un couple d'italiens qui bouquine sur une table. Il appelle le responsable du lieu. Celui-ci arrive bientôt en voiture et accepte que nous passions la nuit ici, youpi ! Il refuse que l'on paie, nous dit de l'appeler si on a besoin de quelque chose, et nous souhaite à demain. Le couple d'italiens discute également avec Bastien de notre voyage. Ils sont vraiment très gentils. Il est 18h15, on a parcouru 31 km aujourd'hui.
Bastien monte la tente, Solène gonfle les matelas, Marion déballe les duvets et draps, Victor fait un circuit pour le ballon, Maxime joue avec la balle rebondissante, Bastien prépare le dîner.
Alors qu'on se met à table, le couple italien nous apporte de la salade verte, de la salade de courgettes et des tomates-cerises. Ils déclinent notre proposition de manger ensemble car ils ont trop froid dehors. Au moment du dessert, il reviennent avec des amandes et des pistaches ! On discute tous ensemble ; ce n'est pas si difficile de se comprendre et d'échanger (même si Bastien aide en traduisant en partie).
Puis toilette au gant et à l'eau froide du lavabo de l'aire de camping cars, remise en service de la pelle à cacas, carnets de voyage des enfants et dodo à 22h.