La veille, Bastien nous a annoncé pour ce lundi une grosse étape sur l'euro-vélo 8, longue et pentue, donc notre objectif est de démarrer à 10h. Les enfants participent activement au rangement, ont même le temps de lire et faire une dictée, et le convoi s'ébranle à 10h20. Bastien nous a dit que nous arriverions à la mer demain, et Victor est très motivé pour mettre les bouchées doubles pour atteindre la mer dès aujourd'hui. On verra on verra... répond notre planificateur des itinéraires. La journée est ensoleillée, sans vent, c'est très agréable.
A la sortie de Draguignan, nous attend l'obstacle majeur de la journée : une pente jusqu'à 25 % sur environ 200 m. Un sympathique riverain en voiture arrive justement et nous propose de monter dans son coffre les vélos des enfants. Or ceux-ci ont l'idée de pousser à deux le vélo de Victor, puis redescendre chercher celui de Solène. Ils comptent bien mettre à exécution leur plan en toute autonomie. En revanche, Bastien accepte que ses 5 sacoches montent dans le coffre, et Maxime à pied. La voiture ne circule que sur le premier tiers de la côte, des barrières l'en empêchent ensuite. Mais c'est déjà ça, merci beaucoup monsieur ! Pour la suite, l'ascension du vélo pino nécessite 4 allers-retours : un pour le vélo, un pour les 2 sacoches avant, un pour les 2 sacoches arrière, un pour le sac de la tente. Les enfants se débrouillent très bien. Il nous faut environ 3/4 d'heure pour monter ce raidillon.
Le monsieur qui a monté les sacoches nous a recommandé la boulangerie de Figanières. Bastien et Maxime s'arrêtent donc à environ 1 km du village, qui n'est pas traversé par l'euro-vélo 8, et les trois autres se rendent au cœur du hameau vers 12h30. Des panneaux avec des photos rappellent la crue historique de juin 2010. Devant la boulangerie, un villageois nous conseille d'aller voir le lavoir alimentant les fontaines du village, ainsi que la grande fresque peinte sur une façade avant l'église. Nous suivons les indications. Le village est en effet pittoresque, avec ses ruelles et escaliers en pierre, et des figuiers partout comme l'indique le nom de la ville !
Après avoir retrouvé Bastien et Maxime, nous nous arrêtons à l'aire de détente avec fontaine, table de pique-nique ombragée et disc-golf (comme du golf, mais avec un fribee) pour pique-niquer.
Cependant Bastien nous presse de repartir : nous n'avons pas encore fini les 20 km de montée, et il est déjà 14h45...
La vélo-route suit de nouveau une ancienne voie ferrée, mais dans un paysage beaucoup plus montagneux qu'hier. Il n'y a plus de vignes. Au loin, de jolis villages sont accrochés aux flancs des montagnes. Et derrière, les enfants, il y a la mer !
Une nouvelle côte à 12 % est à franchir. A côté, un chemin parallèle mène à l'entrée d'un tunnel. Permettrait-il de contourner la côte ? Marion sur son vélo électrique grimpe la côte pour repérer les lieux. Ça monte un bon moment quand même, jusqu'au panneau "col de Bessaque 440 m" puis ça redescend légèrement, mais aucune trace de sortie de tunnel... Marion fait demi-tour pour aller chercher les autres. Et voilà que Victor surgit au col en danseuse sur son vélo ! Quel champion ! Bastien poussant son vélo et Maxime à pied ne sont pas loin derrière, ni Solène avec ses trois sacoches. Nous traversons le village de Bargemon qui semble bien sympathique même si nous n'avons pas le temps de nous arrêter pour en profiter. Un peu plus loin, alors que Solène, Victor et Marion sont partis chercher de l'eau à une fontaine, une fenêtre s'ouvre au-dessus de la tête de Maxime et Bastien : une vieille dame intriguée par le convoi veut faire connaissance. Elle raconte un peu de sa vie puis nous remercie d'avoir pris le temps de la discussion lorsqu'on part.
Vers 17h45, alors qu'il reste encore une quinzaine de kilomètres, sur une portion plate de l'ancienne voie ferrée, Victor chute sans raison apparente : ses pieds auraient glissé des pédales. Quelques pleurs mais pas une égratignure, ouf.
Les derniers kilomètres sont essentiellement en descente et nous arrivons à 19h15 au camping Le grillon, à Tourrettes sur la commune de Fayence. Nous avons roulé 50 km (avec l'aller retour à Figanières).
Bastien et Maxime montent la tente, Marion fait des courses, Solène et Victor jouent dans l'aire de jeux avec des copains. Le temps de dîner, se doucher, écrire les carnets de voyage, les enfants se couchent à 22h30. Victor se réveille peu après en gémissant et se plaignant de mal de tête. Son front n'est pas du tout chaud, heureusement, mais il doit être complètement épuisé par cette journée. Un peu d'eau fraîche et un massage de papa l'aident à se rendormir.