Margot part sans que personne ne l'entende avant 7h pour prendre un co-voiturage. Bonnes vacances Margot et merci encore de ta présence pleine d'enthousiasme et de gaieté !


Solène et Victor se réveillent les premiers, ils ont enfin de nouveaux livres à lire grâce aux BD de Nathanaël et aux livres amenés par Margot. Du coup nous avançons vite dans nos préparatifs. Après le petit-déjeuner Bastien va refaire le plein de nourriture guidé par Nathanaël dans le supermarché au pied de l'immeuble. Pendant ce temps Marion finalise le rangement des sacoches.


Un dernier au revoir et grand merci à Nathanaël et nous partons à 10h, il fait déjà chaud. A peine 1 km plus loin, gêné par un cadenas mal fixé sur le cadre entre ses jambes, Bastien tente de le remettre comme des dizaines de fois depuis le début du voyage. Mauvaise idée... "boum" et arrêt brutal. Il a foncé dans un petit poteau en métal gris situé en plein milieu de la piste cyclable. Le poteau, pourtant bien solide, est tordu sous la violence du choc. On ne sait toujours pas quel poids total est transporté sur le pino, mais avec le plein de nourriture et d'eau, c'était le maxim(um)... Par chance (gros hasard) Bastien a visé le poteau dans le mille, pile entre les deux pieds de Maxime, dans l'axe du pino. Le système télescopique du pino s'est replié et cela a fait amortisseur. Du coup pas de dégât, seul le phare est légèrement abîmé, mais il marche toujours en plus ! Bastien s'est pris un coup de pédale sur le tibia, ça a gonflé instantanément, mais c'est reparti en quelques minutes, sans gêne pour le pédalage. Pour Maxime, retenu par sa ceinture, rien !

Quelle chance immense, à quelques centimètres près cela aurait pu bien mal tourner.


Du coup nous quittons rapidement Zurich et parcourons des petites routes dans la campagne. En passant dans un village nous sommes surpris de voir plein d'enfants très jeunes se promener seuls avec leur cartable pour rentrer de l'école. Plus loin nous croisons des dizaines de collégiens qui rentrent à vélo, sur un chemin bien vallonné.


Nous arrivons à Baden au bout de 25 km, vers 12h45. Nous repérons une belle aire de jeux toute proche du centre historique et nous y installons. Elle est installée dans la pente des berges de la Limmat, sous les piles du grand pont qui enjambe la rivière. Les parents préparent le pique-nique pendant que les enfants partent jouer. Bastien a faim, mais pas de Solène pour manger. Marion part à sa recherche : elle discute avec deux petites filles, qui rentrent d'un an de voyage en pino avec leurs parents en Asie. Les filles sont en fait à la garderie après l'école, elles doivent partir à 13h30. Marion et Solène rejoignent alors les garçons pour le repas.


Une dame s'approche de nous, suivi des deux petites filles : c'est leur maman. Elle nous demande si on a besoin de quelque chose, valide le lieu trouvé par Bastien pour dormir ce soir, et nous propose de revenir discuter 30 minutes après, le temps de déposer son aînée à un anniversaire.


Elle revient à 14h après le repas, se présente (Mathilde, française vivant avec son mari français également depuis une quinzaine d'années en Suisse) et nous nous lançons dans une longue discussion autour de nos voyages respectifs, pendant que Solène fait de même avec la fille cadette. Celle-ci vient de rentrer en CP, et l'aînée en CM2. Notre voyage semble s'être déroulé à la maison en comparaison avec leurs expériences en Mongolie, Corée du Sud, Japon, Asie du Sud Est, Turquie ! C'est vraiment sympa de confronter les ressentis et habitudes de voyage. Nous abordons ensuite la phase délicate du retour. Ils sont revenus il y a seulement un mois, c'est aujourd'hui le 3ème jour d'école des filles. Pour l'instant tout va bien, espérons pour eux que ça se poursuive. Enfin, nous échangeons sur la vie en Suisse et plus spécifiquement l'école. Mathilde nous confirme que les enfants se rendent seuls à l'école à pied (trajet de 1,5 km pour eux avant leur voyage), dès la fin de la maternelle. Les enfants sont aussi partiellement autonomes pour se rendre à certaines activités périscolaires. Et l'aire de jeux publique où nous nous trouvons, très grande et en plein milieu d'arbres, est la cour de l'école et de la garderie. C'est ouvert sur l'extérieur (on n'avait vraiment pas remarqué que c'était l'école), la surveillance fait appel au sens des responsabilités des enfants, et tout se passe bien. Quelle approche radicalement différente de la France !


Il est presque 16h, il faut qu'on reparte chacun dans nos aventures, on se sépare mais c'était une chouette rencontre. Après Baden nous quittons la véloroute pour aller plus droit vers Bern dans quelques jours. Le parcours est moins agréable, avec un fort trafic routier et beaucoup de bandes cyclables - et la chaleur et le soleil presque de face. Nous avançons à un bon rythme, Maxime fait la sieste, on fait une courte pause pour le goûter. En pleine descente, alors qu'il circulait pourtant lentement et sans vibrations particulières, c'est cette fois-ci un "clang" pour Bastien : un rayon cassé sur la roue arrière. Il faudra le faire réparer très rapidement, en attendant il roulera très prudemment.


Nous arrivons enfin au point repéré par Bastien : c'est une hutte au milieu d'une forêt. Il y a une fontaine, deux tables pour manger, des foyers pour faire du feu. Mathilde nous avait indiqué ce midi qu'ils n'avaient jamais eu de problème pour bivouaquer dans ce genre de lieu en Suisse. Il y a un peu de monde (on reste assez près de la ville), on n'ose pas trop sortir nos affaires. Les enfants taillent des flèches puis partent dans les bois. Finalement, on s'installe pour manger et on sort petit à petit les affaires du campement, sans que cela ne fasse lever un sourcil des personnes présentes, qui finissent par partir. La tente est installée sur une dalle sous un toit d'un petit bâtiment ouvert qui sert à faire du feu. Quand le repas est prêt, Marion appelle :

"Les enfants, à table !"

"Attends, on chasse un ours !"


Après le repas nous faisons la toilette au gant, bien plus agréable que le même exercice au mois d'avril avec le vent froid. Un trou creusé dans la terre fait office de toilettes, on retrouve nos réflexes de France et Italie, seuls pays où nous nous sentions à l'aise pour bivouaquer.

Les grands font leur cahier du jour puis tout le monde part se coucher entre 21h30 et 22h, la nuit est déjà bien noire et parfaitement calme et fraîche dans la forêt.