Réveil à 7h pour Bastien, 9h pour les quatre autres... En pleine forme bien sûr ! On part à 10h30 pour 44 km jusqu'à un camping au bord d'un lac de baignade.
On traverse des villages le long de l'Iller, toujours sur des pistes cyclables mais avec peu de cyclistes car on n'est plus sur de grands itinéraires de voyage.
A un moment, on sent quelques gouttes et range en hâte le linge qui sèche sur les sacoches. Mais fausse alerte.
On s'arrête à 12h40 après 23 km (on a fait pile la moitié de la distance de l'étape prévue) au bord d'un petit lac où une bâche a été posée dans un talus raide arrivant dans l'eau, formant ainsi un toboggan aquatique géant. Un groupe d'enfants (en centre de loisirs ?) glisse sur des bouées. On se dit que ça va nous faire un joli spectacle pendant le pique-nique. En fait le groupe part rapidement. En revanche on assiste à la capture d'une sauterelle par une belle grosse araignée colorée, qui la ligote, lui injecte son venin puis la mange.
On repart à 13h45. Une petite côte nous fait changer de vallée. On suit désormais de petites routes de campagne, plus vallonnées, avec de beaux points de vue dès qu'on prend un peu de hauteur. On trouve un cimetière avec un robinet juste à temps avant que nos gourdes soient vides. On se désaltère ainsi, puis une belle côte au soleil arrive.
On arrive au camping après 45 km, à 16h15. "C'est complet", dit la dame de la réception. Et quand on lui demande où on pourrait camper, elle ne sait pas...
On s'installe un peu plus loin pour goûter et chercher une autre solution pour la nuit. Bastien appelle les 2 autres campings du secteur (à une dizaine de kilomètres). Ils sont complets également.
On se dit que c'est peut-être le jour à bivouaquer, mais comme en Allemagne c'est interdit, il va falloir demander aux gens dans les villages où on peut camper.
En cherchant mieux sur internet, Bastien trouve à 8 km une possibilité de dormir dans un champ, sans point d'eau potable ; il envoie une demande au propriétaire et on se met en route vers Kißlegg. En effet, on sait juste que c'est dans cette commune, et on aura l'adresse exacte quand le propriétaire aura accepté notre demande.
Vers 18h, dans le dernier village avant Kißlegg, n'ayant pas encore reçu de réponse, on commence à envisager d'aborder des riverains pour savoir où camper. Il n'y a pas grand monde dans la rue. A la sortie du village, on s'arrête sur le trottoir pour réfléchir. Un cycliste (sans sacoches, donc un riverain) arrive et nous demande si on a besoin d'aide. Il nous indique le camping d'une ville à 13 km. On s'apprête à regarder avec lui sur internet quand une dame et sa fille à vélo s'arrêtent aussi pour proposer leur aide. "Les campings sont complets, on cherche un endroit pour dormir."
"Venez chez moi si vous voulez, mon mari a une ferme, on habite de l'autre côté de Kißlegg."
"Avec plaisir, merci ! C'est très gentil !"
Quelle spontanéité dans cette invitation, la dame n'a vraiment posé aucune question, ni pris aucun temps de réflexion avant de nous proposer son jardin. Sa fille elle-même a l'air surprise de cette visite inattendue !
La dame, Birgit, nous donne son adresse. On lui dit qu'on arrive mais qu'on roule certainement moins vite qu'elles deux. On traverse Kißlegg puis s'en éloigne un peu jusqu'à un hameau avec 2 ou 3 belles fermes sur une colline entourées de prés et champs.
Birgit nous accueille, et nous propose de nous montrer plusieurs endroits possibles pour poser notre tente. On contourne donc la maison et entre dans un magnifique jardin avec fleurs, arbustes, enclos de poules, trampoline, grand potager, table et bancs en bois. On finit par entrer dans la maison pour voir la salle de bain. Son mari, Teresa sa fille et Samuel son fils sont en plein dîner (il est 18h50).
On commence à installer la tente et les enfants vont sauter dans le trampoline. Bientôt nos hôtes reviennent nous voir, demandent si on a besoin de quelque chose. Birgit nous cueille trois beaux petits concombres de son potager. Elle sort deux raquettes et volant de badminton pour Solène et Victor. Bastien discute avec le monsieur et Marion avec la dame. Lui travaille chez Bosch, c'est son père (qui habite la maison voisine) qui avait une ferme. Ils ont arrêté à sa retraite mais ont gardé tous les champs et prés qu'ils louent désormais. Elle travaille à 15 km, Teresa a presque 11 ans et son frère a 14 ans. Ils sont scolarisés à Kißlegg.
On prend congé et dîne sur la table en bois. On a une vue incroyable sur la campagne verdoyante et les Alpes au fond. On se douche en disant aux enfants d'être silencieux, Solène et Victor écrivent leur journée dans la tente, dodo vers 22h.