Il y a du vent ce matin, l'air est plus frais. On démarre à 09h15, en emportant les gants que notre voisin de tente a oubliés dans l'herbe. C'est un retraité de Bourg-en-Bresse qui voyage sur un vélo couché et rentre en France par l'euro-vélo 6, comme nous. On l'a déjà rencontré l'avant-veille au camping de Vienne.
On pédale à un bon rythme malgré le petit vent presque de face. Les bords de la piste cyclable sont décorés de fleurs des champs colorées. Solène puis Victor racontent une histoire à Maxime. Le Danube a creusé son lit au milieu de petites montagnes bien vertes. Sur l'une d'elle se dresse l'abbaye de Göttweig, majestueuse. On aperçoit quelques châteaux en ruine perchés, sans doute d'anciennes forteresses.
Juste avant midi, qui voit-on au bord de la route en train de pique-niquer ? Le cycliste de Bourg-en-Bresse, auquel on rend ses gants.
A notre tour, on s'arrête à 12h20 et 32 km dans un parc au bord du Danube, sans jeux mais avec des tables de pique-nique à l'ombre. Après le repas, les enfants vont jouer au pied des arbres tandis que Bastien s'occupe de deux points.
Premièrement, trouver la suite de notre itinéraire et un camping au bout, sachant qu'un éboulement barre la piste cyclable en rive droite où nous roulons actuellement.
Deuxièmement, trouver un point relais où se faire expédier la nouvelle monture de Victor que l'opticien d'Aix-les-Bains vient de recevoir. Cette deuxième tâche n'est pas simple, car il faut anticiper notre progression des prochains jours, on ne sait pas sur quelle rive on sera, certains points relais sont fermés le dimanche...
C'est alors qu'un attroupement se forme autour du vélo pino. Les gens s'exclament "snake, snake" ! Quelqu'un soulève le sac contenant la tente et déloge ainsi une couleuvre cachée entre ce sac de tente et la sacoche inférieure. Le serpent tombe dans l'herbe, dresse la tête et sort sa langue vers l'importuneur. Marion appelle vite les enfants pour leur montrer l'animal. Il part en zig-zagant vers le Danube. Il arrive devant un couple sur des transats. Le monsieur laisse le serpent glisser sur son pied, le prend dans sa main. Le serpent passe sous ses cuisses puis sous la couverture du transat et finit par retomber dans l'herbe.
Les enfants sortent alors leur cahier d'école le temps que Bastien finisse de gérer les lunettes de Victor. C'est bientôt bon, Bastien envoie une adresse à l'opticien et on se prépare à repartir. L'opticien répond alors qu'il s'est trompé et a commandé la monture des verres de soleil, et non la monture de verres de vue. Il va falloir attendre qu'il reçoive la bonne monture, et regarder à ce moment-là où on en est pour trouver un point de livraison.
On repart à 14h45 en restant pour l'instant sur la rive droite. On traverse des vergers d'abricotiers (c'est la spécialité locale), poire, pomme ou vigne. A 16h15, on arrive au ponton du bac qui fait des aller-retours d'une rive à l'autre. Il vient de partir depuis notre côté. En attendant qu'il revienne, on goûte. On traverse à notre tour en même temps que deux autres cyclistes et deux voitures. Marion paie à bord en parlant allemand.
On repart à 16h55 pour les 13 derniers kilomètres. On traverse de jolis villages puis longe un peu la route, cependant toujours sur une piste cyclable séparée. On voit sur l'autre rive l'écoulement qui bloque la route. C'est tout un pan de terre et de rochers qui a glissé !
On arrive au camping à 18h30. Pendant que les parents s'affairent, les enfants jouent dans la petite aire de jeux, puis au ballon avec deux garçons anglais. Après le dîner, on se hâte pour la douche pendant que Bastien sécurise nos affaires contre l'orage qu'on voit venir. Le ciel s'obscurcit et des éclairs l'illuminent. La pluie arrive juste quand on rentre dans la tente à 20h45. Les enfants écrivent leur cahier et s'endorment à 21h30. Il pleut finalement longtemps mais modérément, l'orage ayant éclaté plus loin.