À 5h30 Marion réveille Solène et Bastien : la tente avait mal été refermée, des dizaines de moustiques sont rentrés et se font un festin. C'est l'attaque générale, ça claque dans tous les sens, il y a du sang partout et au bout de quelques minutes les humains sont déclarés vainqueurs. Les vigiles installés à quelques mètres seulement de la tente toute la nuit ont été inutiles du coup. Il fait déjà bien jour. D'autres groupes, notamment un couple de polonais déjà rencontrés au camping de Budapest et qui voyage à pied et en transports, sont en train de plier leurs affaires. Solène pense qu'elle ne pourra pas se rendormir... mais elle y arrivera bien facilement et ne sortira de la tente qu'à 8h30. Entretemps Bastien s'est levé à 6h30, bientôt rejoint par Victor pour plier le campement nous aussi. En plus des préparatifs usuels, il faut replier tout le linge qui a séché pendant la nuit.


Nous partons après le petit-déjeuner vers 9h30. Direction tout d'abord le decathlon du centre-ville pour reprendre une bouteille de gaz, nous avons oublié d'y passer hier. Le décathlon est situé dans le centre commercial eurovia, près du pont sur le Danube dont la pile est surmontée d'une soucoupe avec à l'intérieur un restaurant. Bastien et les enfants vont chez décathlon pendant que Marion garde les vélos et prépare une liste de courses. Ils en profitent pour racheter des guêtres pour Victor, les siennes étant inefficaces, ainsi qu'un panier pour remplacer le sien qui a lâché... en avril !

Marion et les enfants font ensuite les courses dans un supermarché du même centre commercial, pendant que Bastien installe le panier et resserre le frein de Solène. Nous partons finalement de Bratislava à midi, bien plus tard que prévu.


Il fait très chaud mais les pistes cyclables roulent bien. Au bout de quelques kilomètres nous franchissons la frontière autrichienne. Il n'y a aucun panneau pour la matérialiser du côté piste cyclable. On voit sur la route en contrebas le poste frontière. Nous franchissons quelques villages et refaisons le plein d'eau fraîche au robinet devant une caserne de pompiers. De chaque côté du Danube se trouvent de jolies petites montagnes boisées.


Le soleil tape fort, nous promettons aux enfants de manger dans le prochain village, Hainburg an der Donau. Dès l'entrée nous tombons sur une aire de jeux, la première depuis une vingtaine de kilomètres. Il est 13h30. Nous y retrouvons la famille nantaise avec laquelle nous avions brièvement discuté deux jours avant. Solène et Victor discutent avec leur petite Alix de 2 ans, ils sont contents de parler enfin français. Ils ne vont même pas tester la tyrolienne, c'est dire. Nous mangeons rapidement, tout en discutant avec les autres français, car nous voulons nous réserver suffisamment de temps à notre arrivée. En effet, nous avons repéré qu'à proximité du seul camping trouvé entre Bratislava et Vienne, dans la ville de Petronell-Carnuntum, se trouvent un musée, des vestiges romains et des reconstitutions de bâtiments d'époque romaine. Cette ville connue sous le nom de Carnuntum était une cité romaine très importante, à la frontière de l'empire, avec une imposante garnison. Il y avait en tout 50 000 habitants, des empereurs y sont venus et des événements significatifs de cette époque s'y sont déroulés.


Nous passons vers 14h30 devant un bâtiment imposant, sur lequel est marqué musée romain. Nous sommes pourtant à 6 km de Petronell. Renseignement pris il s'agit bien du musée qu'on visait. Les vestiges sont en fait répartis sur plusieurs kilomètres, un vélo est bien adapté pour la visite. La dame de l'accueil nous conseille de passer rapidement dans le musée et de consacrer plus de temps au village reconstitué.


Nous attachons sommairement nos vélos et passons seulement une vingtaine de minutes dans le musée (il n'y a personne d'autres que nous), en pressant un peu les enfants. Nous repartons en direction de l'amphithéâtre militaire. Nous y jetons seulement un oeil, d'autant qu'il n'en reste que quelques pierres, puis allons sur le site recommandé. Étonnamment il n'y a que très peu d'indications pour circuler de site en site. Les découvertes sont assez récentes, ce n'est peut-être pas très connu, mais ça nous semble pourtant mériter plus de mise en valeur.


Lorsque nous arrivons sur le village reconstitué, le musée est là aussi étonnamment vide. Nous montrons nos billets et rentrons dans une première salle qui nous diffuse des images sur différents aspects de la vie romaine (l'armée, les combats de gladiateurs, la vie des riches). Cela défile vite et sur 3 fils d'images en parallèle, difficile de bien tout expliquer aux enfants. Solène a une solution : "Il faudrait regarder le film trois fois, en regardant chaque fois une partie différente de l'écran géant."


Nous nous rendons ensuite dans le village reconstitué. Sur le site de fouilles archéologiques ils ont non seulement dégagé les ruines de quelques bâtiments de la ville mais surtout reconstruit quelques-uns avec matériaux et procédés de l'époque. Les bâtiments sont décorés et meublés d'après les connaissances archéologiques. C'est vraiment très intéressant et instructif. Le réalisme est poussé très loin, les légumes dans les cuisines sont vrais et frais !

Nous commençons par une demeure typique de la classe moyenne, qui mêle partie habitation et commerce. C'est agréable à vivre. Il n'y a aucun panneau, aucune instruction. Nous sommes seuls, nous avons l'impression qu'on peut s'installer et toucher les objets comme bon nous semble. Ça doit vraiment être passionnant avec un guide, mais il est trop tard pour nous : la visite est le matin. Malgré tout nous déambulons de pièce en pièce en nous imaginant à l'époque.

Il y a aussi une maison d'une personne aisée, mais reconstruite très partiellement seulement donc peu intéressante pour nous sans explication, et ensuite deux bâtiments majeurs : une sorte d'hotel de ville avec restaurant, proche d'un hôtel (non reconstruit), et les thermes. Ces dernières sont impressionnantes de réalisme. Il y a les toilettes collectives pour commencer, avec les systèmes d'égouts, un immense vestiaire avec des casiers pour ranger ses chaussures (celles d'époque y sont), des fauteuils et pas mal d'objets dont nous ne connaissons pas la fonction. Il y a ensuite un bassin dans lequel coule de l'eau fraîche. Puis une autre salle dans laquelle il fait très chaud, l'eau qui coule dans le bassin est bien chaude. Derrière la porte nous pouvons voir le système de chauffage reconstitué, un foyer alimenté par des bûches fait circuler de l'air chaud sous le sol. Le système est parfaitement fonctionnel, d'ailleurs malgré les 35°C extérieurs le feu est allumé... Nous retournons donc vite "au frais" dehors.


Il est 17h30 quand nous avons fini le tour des reconstitutions et le musée ferme à 18h. Les enfants passent donc ce temps dans l'aire de jeux aménagée sur le site. Celle-ci n'est pas romaine mais bien contemporaine ! Le site doit en effet souvent accueillir des groupes d'enfants. Pas de touriste en tout cas, les personnes que nous avons croisées se comptent sur les doigts d'une main, tant mieux pour nous. On y est arrivés par hasard, comme souvent dans ce voyage, ce site mérite pourtant largement le détour (et quelques explications supplémentaires).


À 17h59 nous quittons le site pour aller au camping. Il est noté comme tout petit, avec seulement 10 places, nous avons donc une petite inquiétude de ne pas pouvoir nous installer. Inquiétude vite levée en arrivant, il n'y a pas grand monde. C'est en fait le jardin d'un club de tennis, on s'y installe et une dame vient à 19h procéder au paiement. Les sanitaires sont les vestiaires du tennis !


Repas sans moustique sur une table à disposition, douche, cahier du jour et dodo à 21h30.