Il a plu quelques gouttes encore dans la nuit mais le soleil est de retour. On démarre à 9h45. Nous nous arrêtons très vite, au bout de 3 km pour prendre la petite navette afin de traverser le Danube. Nous avons choisi cette route pour varier un peu de la longue digue monotone de la veille, et pour une surprise aux enfants.

Le bateau de 10h20 ne passe finalement pas (les indications sont toutes en slovaque, il y a une histoire de mode 'husty' quand il fait chaud, mais on ne comprend pas). Bastien appelle, le premier trajet sera à 11h20. Nous décidons d'attendre malgré tout, en nous installant sur des bancs à l'ombre à proximité. Marion part faire quelques courses pendant que les enfants font leur cahier d'école.

À l'heure dite le minuscule bateau arrive et nous charge ainsi que deux autres passagers. La traversée est très courte, 5 min environ, mais suffit à ravir Maxime qui voulait faire du bateau depuis plusieurs jours.


De l'autre côté du Danube Victor râle car on fait un détour alors que l'étape aurait pu être courte. Il voudrait se baigner au lac du camping où nous nous rendons ce soir. Il dit qu'il a faim, mal au ventre, mal aux jambes, bref difficile de le faire avancer. Au bout de quelques kilomètres, une barrière difficile à franchir nous arrête. Durant la pause forcée car il faut manoeuvrer les vélos un par un, nous grignotons un petit peu, cela suffit à le remotiver pour les 2 km qu'il reste avant la surprise : nous nous rendons au point triple qui fait la frontière entre Slovaquie, Hongrie et Autriche. Il faut passer sur un chemin de terre au milieu des champs, ce n'est pas très accessible côté slovaque. A notre arrivée plusieurs personnes sont déjà là, en train de faire des photos ou de discuter. Ils sont arrivés par une vraie route côté hongrois. Une pierre indique la frontière physique et plusieurs sculptures représentent symboliquement l'entente entre les peuples.

Nous nous amusons à prendre quelques photos et vidéos de passage de frontière express. Les enfants comprennent à quel point une frontière est une construction humaine artificielle, car physiquement le lieu n'a vraiment rien de particulier situé entre des champs. Cela sera donc notre première incursion en Autriche.


Le soleil tape donc nous renonçons au projet de Bastien de pique-niquer dans les 3 pays simultanément, et nous installons à l'ombre d'un arbre côté slovaque. Au moment du départ quelques gouttes tombent, nous basculons côté hongrois et la pluie cesse ! Le chemin est plus facile qu'à l'aller, au début... Il faut malgré tout retraverser des champs par des chemins agricoles peu empruntés avec de l'herbe bien haute. Ce genre d'exercice aurait entraîné des raleries en début de voyage, cela passe désormais tranquillement (à condition que Bastien promettre que ça soit court !).


Au bout du champs un panneau indique la frontière slovaque et Bratislava. Mais comme pour Budapest, cela ne veut pas dire qu'on est dans la ville, loin de là, il reste encore une trentaine de kilomètres jusqu'au camping. Nous regagnons les berges du Danube. Deux routes cyclables sont parallèles, nous sommes sur l'euro-vélo 6 officielle en bas, une piste cyclable est sur la digue en haut. Nous y apercevons une famille bien chargée qui roule dans le même sens que nous. Nous décidons de monter sur la digue, Maxime réclame un arrêt pipi. Nous nous arrêtons, la famille nous rejoint, ce sont des Français ! Deux parents avec une petite fille de 2 ans dans une carriole. Ils sont partis de Budapest (après avoir fait le trajet en bus depuis Nantes...), et vont à Münich, pour s'entraîner avant de partir 6 mois l'an prochain traverser l'Europe de la Grèce à la Norvège. Nous discutons quelques minutes puis ils partent et Maxime fait son pipi en toute tranquillité. Victor part ensuite à fond, suivi par Bastien et réussit à rattraper les Français après quelques kilomètres de sprint. Nos routes bifurquent toutefois à l'entrée de Bratislava.


Il y a plusieurs ponts pour retraverser le Danube, tous équipés de rampes impressionnantes pour faire monter les vélos depuis la piste cyclable. Lorsque vient notre tour nous montons effectivement facilement sur le pont et arrivons en centre ville. La circulation est aisée, avec de nombreuses pistes cyclables. Nous nous rendons à notre première étape : l'église Sainte-Elisabeth, qui a la particularité d'être toute bleue, aussi bien à l'extérieur, très jolie, qu'à l'intérieur, en travaux et visible uniquement depuis le vestibule. Il y a quelques touristes, dont 2 couples de Français qui nous abordent impressionnés par le chargement. Le premier nous donne quelques conseils de visite et nous recommande de la prudence car ils viennent de se faire voler leur appareil photo par un pick-pocket. Le deuxième couple s'enquiert de l'âge de Solène et du poids de ses sacoches.


Nous repérons ensuite un glacier sur le trajet du camping. Nous nous y arrêtons, elles sont délicieuses d'après le compte-rendu de Victor. Le trajet vers le camping est aisé mais le quartier dans lequel il se trouve peu engageant. A l'entrée dans le camping nous sommes arrêtés par un vigile peu sympathique car nous n'avons pas de bracelet pour prouver que nous sommes enregistrés. Après les formalités d'accueil nous trouvons une place qui nous semble bien ombragée pour le lendemain, même si un peu proche d'autres campeurs. Le camping est un peu étonnant, des sanitaires vétustes et sales mais une cuisine toute belle, équipée d'une douzaine de plaques... à induction. Du coup elle reste propre, personne ne l'utilise. Il est trop tard pour nous baigner, ça sera pour demain. Plusieurs vigiles et même une voiture de police patrouillent dans le camping, c'est assez étrange voire inquiétant. Toute la nuit un vigile reste d'ailleurs sur une chaise à quelques dizaines de mètres de notre emplacement, pas très loin des sanitaires.


La soirée se déroule sans trop de moustiques (effrayés par les mesures de sécurité?), repas, douche, cahier du jour et dodo à 21h45.