"Maman papa, il est 7h55, réveillez-vous !" crie Victor depuis l'entrée de la tente aux quatre dormeurs. En effet la veille nous avions prévenu les enfants que l'étape serait longue et que nous les réveillerions tôt.


Nous avons repéré un camping un peu avant Varazdin, ville citée dans un document touristique trouvé au camping de Zagreb qui semble intéressante à visiter. C'est à 66 km avec un petit col à franchir, et 55% de route nationale, ce qui n'est pas très engageant. Bastien a passé une bonne partie de sa soirée hier à chercher un itinéraire alternatif mieux sécurisé, mais cela signifie passer par les montagnes et ajoute trop de dénivelé à une étape déjà longue.


Alors que nous finissons de préparer nos vélos, Nikola, le jeune qui tient le camping, vient nous souhaiter bon voyage. Apprenant notre destination du jour, il confirme que la nationale est la meilleure option, et indique que de nombreux camions y circulent à cause d'une carrière située juste après le col.


On part à 9h30. Finalement il n'y a pas tant de circulation et les camions nous doublent en maintenant un bon écart. On roule sur le trottoir quand les virages deviennent serrés... et quand il y a des trottoirs. Il fait chaud et nos gourdes se vident rapidement. On interpelle une dame dans sa cour et lui demande de nous remplir 2 gourdes : "Voda"


Un peu plus loin vers midi, un panneau indique le début des 2,7 km de montée à 11%. Au premier arrêt contre la haie d'une maison, Bastien fait coucou à une dame à sa fenêtre, qui sort et vient nous proposer de l'eau fraîche. Son mari est en train de bricoler une tondeuse dans la cour. Ils sont Croates, ont travaillé 46 ans en Allemagne, et sont de retour dans leur terre natale pour leur retraite ("Arbeit finito!"). La dame revient avec nos gourdes pleines, une brique de jus d'orange et 3 plaques de chocolat ! Cet échange à moitié en allemand et anglais est très chaleureux, merci !


Plus loin dans la montée, un chien s'approche de nous, vient nous renifler chacun notre tour. Victor et Maxime restent calmes, quel progrès ! Le chien trottine à nos côtés un petit bout de chemin.


Enfin le sommet du col est atteint, bravo les enfants ! Dans la descente, on passe devant plusieurs zones de carrières. Enfin on arrive au parc repéré par Bastien à 35 km et 13h45. On pique-nique à l'ombre puis les enfants s'amusent sur les 3 balançoires côte-à-côte.


On repart à 15h30 pour les 32 km restant, avec les mains poisseuses de chocolat (surtout Maxime) car on n'a presque plus d'eau. C'est fou, on ne trouve pas de fontaine ou robinet en Croatie. On regarde en passant devant les cours et jardins s'il y a quelqu'un... Maxime s'endort très rapidement. Enfin au village suivant, on voit un vieux monsieur dans sa cour. On lui donne les 3 plus grandes gourdes, puis finalement il remplit aussi les deux plus petites de Solène et Victor. Nous discutons avec lui comme nous pouvons, il pose des questions en croate mélangé de quelques mots d'italien ou d'allemand que nous saisissons.

Il demande si Maxime qui dort est un garçon ou une fille : "mademoiselle ?", ce qui fait bien rire Victor.


Solène et Victor discutent en pédalant et on arrive finalement devant le camping à 18h30. Pas de panneau de camping, pas de numéro à appeler... Bastien va voir la voisine qui cherche le numéro du camping sur Facebook et appelle pour nous. Le monsieur répond et dit qu'il arrive en voiture dans 5 minutes. Une fois devant nous, impossible de se comprendre, il ne parle que croate ! Il repart chercher sa femme qui parle anglais et allemand. Le petit camping Robinson vient d'ouvrir il y a un mois, nous sommes les premiers à y dormir en tente (les touristes viennent plutôt dormir dans une des deux cabanes du site). Tout n'est pas encore au point, par exemple les tarifs ! Le couple discute entre eux pour savoir combien nous faire payer (finalement ça sera bien modique, 20€), savoir s'ils ont besoin de nos passeports pour l'enregistrement etc. Bastien leur indique qu'on a trouvé leur camping via Google Maps mais qu'il n'y a pas de contact mentionné. Ils organisent leurs réservations via Booking jusqu'à présent.

Il n'y a pas d'électricité, l'eau n'est pas potable. On est seuls ce soir.


Maxime trouve 2 ballons, Solène et Victor jouent aux fléchettes, Marion prépare le dîner, Bastien installe le filtre à eau et la tente. Après le repas, la douche froide nous rafraîchit agréablement. Les moustiques sont de retour. Les enfants s'endorment vers 22h30.