Nous allons rester une deuxième nuit au camping Camp Zagreb pour aller visiter Zagreb aujourd'hui. On remplit les gourdes, se tartine de crème solaire et démarre à 09h40. Bien que sans sacoches, nous mettons 1h30 pour parcourir les 15 km jusqu'au parc Zrinjevac car il n'y a pas de piste cyclable le long des routes. Ljubljana et ses abords étaient un paradis des cyclistes, à Zagreb ce n'est pas le cas.
Une fois les vélos attachés, on se dirige vers la grande place avec la fontaine Mandusevac et la statue du cavalier. Maxime observe le ballet des tramways bleus. On va devant la cathédrale mais ses deux tours sont emballées dans des échafaudages et l'accès à l'intérieur de l'édifice est interdit. Au marché avec ses parasols rouges, on fait le plein de fruits d'été : cerises, framboises, figues, myrtilles. On achète également des bureks dans la boulangerie (pekarne) à l'angle. Ce sont des pâtes feuilletées garnies de fromage, épinards ou pommes de terre.
On grimpe ensuite vers la ville haute, longeant les bars et boutiques des rues piétonnes. On passe sous la porte de pierre médiévale avec son sanctuaire à la vierge. On arrive trop tard pour le coup de canon de midi de la tour Lotrscak. Les couleurs du toit de l'église Saint Marc sont resplendissantes au soleil mais le bâtiment est fermé. On emprunte le tunnel Gric pour rejoindre la ville basse. C'est un réseau de galeries creusé pendant la seconde guerre mondiale en cas de bombardements de Zagreb. Solène et Victor posent beaucoup de questions sur ce tunnel, tandis que Maxime chante à tue-tête pour écouter les résonances de sa voix.
A 13h15, on rejoint le parc Zrinjevac près de nos vélos et pique-nique dans l'herbe à l'ombre des hauts platanes. Victor et Bastien partent ensuite à la recherche de toilettes publiques. Pendant ce temps, les autres cherchent sur internet un musée à visiter. En effet les panneaux dans les rues en indiquent des dizaines, et Solène et Victor réclament à en visiter un. Solène voudrait un musée "avec des expériences, où on peut essayer, faire soi-même". Malheureusement le musée des techniques Nikola Tesla est fermé le lundi, le muséum d'histoire naturelle est en travaux, d'autres musées sont aussi fermés aujourd'hui. On voit alors le "typhlological museum", à 1 km de notre coin pique-nique, sur les aveugles, avec de bons commentaires des internautes. On décide d'y aller à pied sans traîner car il ferme à 16h.
Le musée se trouve au deuxième étage d'un immeuble quelconque. Nous ne verrons pas d'autres visiteurs pendant notre présence de 14h35 à 16h. Nous parcourons rapidement les panneaux d'informations sur l'histoire de la prise en charge progressive des enfants malvoyants. En revanche on s'attarde sur un écran interactif montrant le fonctionnement normal de l'oeil, puis les altérations des couleurs, de la netteté ou du champ de vision selon les pathologies, et enfin des illusions d'optique. Un film documentaire montre le quotidien d'une école pour enfants aveugles au siècle dernier. Puis le musée montre les inventions des méthodes de communication pour aveugles, jusqu'au braille. Les enfants écrivent en braille avec un stylet, un canevas à trous et du papier. Puis on voit et touche des sculptures réalisées par des aveugles. Enfin, une salle plongée dans le noir nous invite à un parcours sensoriel comme si nous étions aveugles.
De nouveau dans la rue, nous retournons dans le centre de la ville basse pour une glace, parcourons encore quelques rues piétonnes avec des gens en terrasse et des pigeons à faire s'envoler, et revenons aux vélos. On repart à 17h45. Bastien tente un autre trajet pour rentrer au camping, mais il n'y a pas plus de pistes cyclables qu'à l'aller. On roule cette fois-ci sur les trottoirs dès que possible. Maxime s'endort.
Marion quitte le convoi quelques kilomètres avant l'arrivée pour faire des courses. Les autres se douchent, Victor écrit son cahier de voyage, Solène écrit un message sur l'ordinateur pour sa classe. Ce soir, il y a beaucoup plus de moustiques qu'hier donc on sort les pantalons et pulls.