Réveil tôt vers 07h30 ce matin car la journée est chargée. Solène et Victor râlent un peu, jusqu'à ce que leur estomac soit rempli, d'un seul oeuf dur rose pour Solène donc il ne fallait vraiment pas grand chose !


En longeant le Danube à la sortie du camping nous tombons sur une grande zone de maraîchage, pratique pour réviser les différentes plantations. Au bout d'une dizaine de kilomètres nous devons emprunter un bac pour changer de rive. Celui-ci est très étonnant : il fonctionne sans moteur, en utilisant le courant pour traverser ! Il est retenu par un câble tendu entre deux poteaux à chaque rive, le capitaine utilise une grande rame pour l'orienter comme il faut et il arrive (presque) tout seul à destination. Et cela fonctionne dans les 2 sens bien sûr. Le bac fait le trajet pour nous tous seuls, à un prix défiant toute concurrence : 2€ pour nous cinq (modèle économique pas clair!).


Le chemin sur la rive nord est plus sauvage, en graviers une bonne partie du temps. En se déportant pour laisser passer un cycliste venant d'en face, Solène fait une chute sans gravité en glissant sur un tas de sable.


Nous arrivons en fin de matinée à notre première destination du jour : la ville de Kelheim. De loin nous apercevons déjà le Befreiungshalle ou Halle de la libération, construit pour célébrer les victoires contre Napoléon. En cherchant un accès pour y monter nous arrivons dans une impasse avec un van. Un monsieur allemand en caleçon en sort et, après nous avoir questionnés en anglais sur notre voyage, il nous raconte ses aventures dans le Danube (nage dans le courant sur les 6 km de gorges, sauts depuis les falaises) et les particularités de son van qui roule depuis 20 ans à l'huile de friture. Au bout de quelques minutes Victor qui ne peut suivre la conversation nous entraîne pour aller manger. Rencontre étonnante, permise par le vélo.


Nous pique-niquons à 12h30 sur le parking d'un bâtiment administratif où nous laissons nos vélos et leur chargement et montons le kilomètre à pied vers la halle. Le dénivelé est vite absorbé, nous arrivons au pied de cet imposant bâtiment qui resplendit de blancheur et est entouré d'immenses statues. Il y a assez peu de visiteurs, il faut même aller à quelques centaines de mètres pour acheter les tickets d'entrée. L'intérieur est majestueux également, avec du marbre et de grandes statues. Nous grimpons au sommet d'où nous pouvons admirer une très belle vue sur la région. C'est dommage, il aurait été judicieux que la visite comporte quelques éléments historiques sur ces batailles napoléoniennes.


Reprenant nos vélos à 14h30, nous nous dirigeons ensuite au port d'où nous embarquons pour un trajet au travers des gorges du Danube. Cette section est trop étroite, il n'y a plus de piste cyclable, il aurait fallu sinon rentrer dans les terres pour un parcours vallonné, on a préféré l'option touristique! Et des touristes il y en a ici, des cars entiers sont là pour embarquer aussi. Par chance nous pouvons grimper tout de suite dans un bateau (il y en a toutes les 40 minutes). Le trajet dure 40 minutes, agrémenté de quelques indications sur les choses à voir sur le parcours. Notre gros bateau qui remonte le fleuve doit naviguer entre des floppées de kayaks, paddles et bouées de personnes qui se laissent descendre dans le courant, comme nous l'avait décrit le monsieur du van. Nous arrivons ensuite au monastère de Waltenberg, destination de ces hordes de touristes. Nous ne savons pas vraiment ce qu'il y a à visiter en plus de la bière qu'ils fabriquent sur place. La cour est surtout un immense restaurant où les gens mangent leur repas du midi ou du soir (?) à 16h. Nous n'allons pas plus loin dans nos investigations, la plage au pied du monastère est trop tentante après cette traversée des gorges au soleil. Nous jouons tous les 5 à nous faire entraîner par le courant sur quelques dizaines de mètres. Il faut faire attention à ne pas trop s'éloigner du rivage, sous peine de refaire les 6 km en sens inverse au sein des gorges! Même Maxime se prend au jeu et arrive à faire ses tours tout seul avec ses brassards.


Une fois le dernier bateau parti l'ambiance est très calme. Nous prenons notre goûter sur cette plage puis repartons à 17h30 pour les 13 derniers kilomètres de vélo. En chemin Bastien discute un moment avec un Suisse qui rentre chez lui, avec un parcours similaire au nôtre pour la fin de notre voyage. Il est bien plus rapide que nous cependant, parcourant entre 100 et 150 km par jours. Il nous invite chez lui à Genève si on a besoin, c'est sympa!


A 18h30, l'accueil du camping du soir où nous devons retrouver Papi et Marie-Laure nous indique que c'est complet. La dame précise toutefois qu'on peut s'installer si on se trouve une petite place. Un rapide coup d'oeil et nous lui confirmons qu'il y a largement de quoi nous installer, on a connu plus dense. Nous plantons notre tente, Papi et Marie-Laure arrivent peu après.


Pour fêter ces retrouvailles quelques gouttes commencent à tomber au début du repas. Nous nous décalons sous un arbre pour un repas semi-assis semi-debout. Après la douche Papi et Marie-Laure se mettent sous notre tente pour assister au rituel du cahier du jour. À 22h Bastien les met dehors, Solène peu concentrée n'a pas du tout fini son récit, tant pis, c'est l'heure de dormir!