Réveil à 8h30 sauf pour Maxime à 9h30. Les enfants font leur cahier de vacances et les parents rangent, on part à 10h20.
Nous avons 21 km jusqu'à Cirey-sur-Blaise dont nous voulons suivre la visite guidée du château à 14h30. Il y a quelques côtes ce matin pour sortir de la vallée de la Marne et finalement descendre dans la vallée de la Blaise. Il fait chaud mais la traversée de bois nous assure des moments réguliers de fraîcheur. On traverse un plateau agricole avec une vue sur l'horizon à 360°. On passe près d'éoliennes, on observe les rapaces qui planent.
A 12h45, on arrive à Cirey-sur-Blaise et se pose sur un banc à l'ombre de l'église pour pique-niquer. On se rapproche ensuite du château, de l'autre côté de la Blaise, peu profonde et végétalisée. Pendant que Bastien attache les vélos, Maxime lâche des feuilles dans le courant depuis un petit pont. Solène et Victor mettent les pieds dans la rivière pour approcher les libellules bleu-vert posées sur des algues.
La visite du château à 14h30 réunit un groupe d'une quinzaine de personnes. La guide déclame son texte appris par cœur avec une diction irréprochable mais aucune place à l'improvisation, c'est un peu mécanique.
C'est un château privé habité à l'année, accessible en visite guidée uniquement à 14h30 ou 16h30. Les photos à l'intérieur sont interdites.
Le château de Cirey a appartenu à la marquise Émilie de Breteuil, Marquise du Chatelet, femme scientifique (seule femme à savoir faire des multiplications à 8 chiffres, et traductrice de Newton) et maîtresse de Voltaire qui y a habité pendant 15 ans. On visite des pièces très variées, équipées et vivantes : hall d'entrée avec des têtes d'animaux chassés empaillées, salons avec des tapisseries, chambre d'Émilie, salle à manger, bibliothèque avec l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert, combles avec la charpente en chêne apparente, chapelle en plein cœur du bâtiment, théâtre privé, sous-sol avec la buanderie, la cuisine et le cellier. La "buanderie" abrite une collection insolite de dizaines de fers à repasser. La guide nous explique d'abord les différentes étapes de la lessive au XVIIIe siècle, puis montre les inventions successives ayant permis d'améliorer le fonctionnement et la sécurité des fers à repasser. Les explications sont intéressantes, y compris pour Solène et Victor, même si la guide est froide et reste cantonnée à son texte, sans jamais nous demander si on a des questions.
Par exemple, Victor déclare en ressortant à 15h50 : "C'est dommage, elle ne nous a pas tout dit. Par exemple, dans le cellier, elle a dit qu'on mangeait la même chose au XVIIIe siècle qu'aujourd'hui à part quelques aliments. J'étais très curieux de savoir lesquels mais elle ne nous l'a pas dit."
Les enfants veulent retourner jouer dans la Blaise mais Bastien les convaint de repartir aussitôt. En effet, il n'y a pas de camping dans le secteur, donc on a prévu de bivouaquer dans la vallée de la Blaise, mais plus en amont, en direction de Colombey-les-deux-Eglises que nous visiterons demain.
Au premier village suivant sur la Blaise, on remplit les gourdes et la vache à eau au cimetière. Un joli coin d'herbe plate au bord de l'eau ferait un beau lieu de bivouac, mais on souhaite se rapprocher de Colombey-les-deux-Eglises (à une vingtaine de kilomètres) pour ne pas avoir à trop rouler demain matin avant la visite.
Le village suivant est aussi accueillant mais on continue donc.
Finalement après une douzaine de kilomètres (soit 33 km depuis ce matin), il est 17h40 et on approche de deux villages pressentis par Bastien pour camper. On entre dans le premier, Curmont. On demande à un vieux monsieur assis devant sa maison s'il connaît un endroit où on pourrait planter notre tente pour la nuit. "Bien sûr, devant la mairie, venez je vous y emmène. Il y a déjà des Belges qui y ont dormi il n'y a pas longtemps, au 14 juillet. "
Le monsieur nous montre un pré légèrement pentu qui lui appartient, en face du bâtiment en pierres qui sert de mairie, avec en plus un robinet accessible à l'extérieur. Parfait.
On commence à poser les vélos et il revient 5 minutes après avec un sachet de madeleines pour les enfants, et nous propose de visiter son verger en contrebas. Il y a beaucoup de pêchers, avec de nombreux fruits, mais malheureusement pour nous, pas encore mûrs. Il nous présente aussi des cerisiers, noyers, pommiers, poiriers, un néflier. Il plante lui-même ces arbres depuis une cinquantaine d'années. Le monsieur est naturellement simple et bienveillant. Quelle belle rencontre !
Le village de Curmont compte 12 habitants ; il est encore plus petit que Champigneulles ! Il a son maire et 6 conseillers municipaux. Deux couples sont en train de retaper des maisons pour venir s'installer prochainement. Et encore, il y a une commune voisine encore plus petite, avec 6 habitants.
Les enfants jouent dans le pré, écrivent leur carnet de voyage. Les parents préparent le campement et le repas. Le dîner dans l'herbe est éclairé par la douce lumière du soir. On se lave aux gants, fait la vaisselle et la lessive. Victor et Maxime tour à tour dévalent le pré sur le petit vélo de Maxime. Solène sort son anche de hautbois pour jouer quelques airs à 4 notes. Petit temps de lecture dans la tente et dodo 21h50.